Les journalistes demandent un moratoire, la direction refuse

La demande de moratoire ne serait pas liée pas aux négociations à venir pour le renouvellement de la convention collective des journalistes.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La demande de moratoire ne serait pas liée pas aux négociations à venir pour le renouvellement de la convention collective des journalistes.

Les journalistes de La Presse veulent un moratoire sur les compressions de poste. La direction leur dit non.

Les employés de la salle de rédaction réunis mercredi ont exigé le retour dans au boulot de leurs collègues congédiés dans la foulée des compressions annoncées le 24 septembre. Le syndicat demande en lieu et place un programme de départs volontaires et d’autres mesures palliatives.

Dans une entrevue au Devoir, la porte-parole de la direction réplique que la décision est « irrévocable ». Caroline Jamet rappelle que la salle de La Presse est « la seule en Amérique du Nord » en croissance d’effectifs, malgré les récentes compressions.

Au total, 158 postes sont ou seront abolis dans les prochaines semaines, dont 43 emplois directement liés à la salle des nouvelles.

« On demande à La Presse de suspendre toutes les coupes annoncées à la rédaction, dit le journaliste Charles Côté, président du Syndicat des travailleurs de l’information de La Presse (STIP), en entrevue au Devoir. Nous demandons de suspendre les mises à pied jusqu’à la conclusion d’une entente avec le syndicat sur un programme de départ volontaire et sur la réorganisation du travail. »

Ces chamboulements s’expliquent, selon la direction, par la sortie du papier en semaine pour La Presse à partir du 1er janvier et par la poursuite du virage numérique vers La Presse +. En même temps, les patrons font observer que la salle de rédaction conserve 283 employés, soit 44 de plus qu’en 2011.

« Pour nous, la décision est irrévocable, dit Caroline Jamet, vice-présidente aux communications du média. Il faut ajuster nos dépenses à nos revenus. Nous avons tout de même la seule salle de rédaction en Amérique du Nord en croissance d’effectifs depuis 2008. »

Les membres du STIP se réunissaient mercredi midi. La proposition d’un moratoire a été adoptée par cette assemblée générale spéciale.

La demande touche la quarantaine de postes éliminés, soit une trentaine de surnuméraires et une dizaine de permanents. Ces derniers font l’objet d’un grief puisque, selon le syndicat, leur congédiement ne respecte pas les clauses de la convention collective prévoyant la disparition des collaborations extérieures avant des mises à pied d’employés de la rédaction.

M. Côté ajoute que la demande de moratoire ne se lie pas aux négociations à venir pour le renouvellement de la convention collective des journalistes. Le contrat de travail arrivera à échéance le 31 décembre.

« Il n’y a pas de lien, dit-il. Personne n’a déposé d’avis légaux dans ce cadre, même si l’employeur comme nous pouvons le faire depuis le 1er octobre. Nous étions en processus [pour y arriver] mais nous avons cessé le travail pour s’occuper du dossier des compressions, plus pressant. »

6 commentaires
  • Claude Bariteau - Abonné 8 octobre 2015 06 h 51

    La Presse et Le Devoir

    Ce texte, s'il ne faisait pas écho à La Presse, mais au Journal de Montréal, serait à la UNE du Devoir.

    Pourquoi ne l'est-il pas ?

  • Richard Bérubé - Inscrit 8 octobre 2015 06 h 51

    Pas étonnant!

    Avec tout le ''copié-collé'' et maintenant l'usage automatique de l'écriture des articles par des ordinateurs, on remplacent tranquillement pas vite les êtres humains....le roi argent a parlé, et son décrêt entre en vigueur....

  • François Dugal - Inscrit 8 octobre 2015 08 h 06

    QS

    Comment se fait-il que madame Françoise David ne monte pas aux barricades?

    • David Cormier - Abonné 8 octobre 2015 10 h 46

      Parce que La Presse n'appartient pas au grand méchant, diabolique, que dis-je? véritable, mangeur d'enfants, l'innommable PKP.

  • Gilles Théberge - Abonné 8 octobre 2015 08 h 55

    Mais non

    Les coupures n'affecteront pas les services non non non.

    Et en effet s'il s'agissait du journal de Montréal cette information serait à la une...

  • Yves Corbeil - Inscrit 8 octobre 2015 10 h 10

    Beaucoup de dommages dans notre société

    Si tous les écorchés de ces mesures d'austérités générales se mettaient ensemble avec la population et envoyaient un message clair à ce 1% qui nous tyrannisent, vous ne pensez pas que ça porterait plus que des coup d'épées dans l'eau individuellement.

    Ensembles nous serions une force qu'ils ne pourraient renié mais par petit groupe ils gèrent sans problème.

    Réveillons-nous car le tapis nous glisse sous les pieds.