Radio - Le CRTC critique Joël Le Bigot

Joël Le Bigot a essuyé les critiques du CRTC cette semaine: l'organisme fédéral a en effet estimé qu'à deux occasions, son émission de radio avait «négligé de se conformer au critère de haute qualité imposé par la Loi sur la radiodiffusion». Le CRTC a toutefois rejeté des plaintes portées contre l'animateur selon lesquelles il aurait tenu des propos offensants.

Le CRTC a reçu deux plaintes distinctes provenant d'une même personne, non identifiée, concernant plusieurs propos tenus par Joël Le Bigot entre décembre 2005 et octobre 2006 dans le cadre de ses deux émissions matinales du week-end. Les propos se rapportaient à quatre sujets distincts: les écoles juives de Montréal, les méthodes d'abattage cachère et halal, la présence d'un joueur juif dans l'équipe des Remparts de Québec et le port du voile par les musulmanes.

Le CRTC a estimé que les propos rapportés ne violaient aucunement l'article de la loi sur la radiodiffusion portant sur les propos offensants.

Par contre, dans deux cas, l'organisme réglementaire fédéral a considéré que les propos de M. Le Bigot allaient à l'encontre du «critère de haute qualité imposé par la loi».

Un des sujets concernait la présence d'un joueur de religion juive orthodoxe dans l'équipe des Remparts, sujet qui avait fait l'actualité en septembre 2006. Radio-Canada a concédé au CRTC que les propos de l'animateur étaient «de mauvais goût, peu polis et injustifiés», et le CRTC a estimé que les plaisanteries de l'animateur étaient «oiseuses et insistantes, et que la façon dont l'animateur s'y est pris pour commenter le sujet, et notamment son choix de mots, était déplacée et malavisée».

Le CRTC a également jugé qu'un commentaire concernant le port du voile par les musulmanes, tenu le 23 septembre 2006, était «oiseux, malavisé et insultant pour la communauté musulmane». L'animateur avait suggéré, selon le document du CRTC, qu'une musulmane pouvait se servir de la burqa pour dissimuler un engin explosif.

Martine Descarreaux, porte-parole de la radio de Radio-Canada, a indiqué hier que Radio-Canada prenait bonne note de la décision du CRTC et reconnaissait «qu'il y a eu des propos qui n'étaient pas appropriés», sans indiquer s'il y aurait des conséquences pour l'animateur.

M. Le Bigot doit présenter demain, comme d'habitude, son émission Samedi et rien d'autre. L'émission proposera d'ailleurs la cinquième Guignolée du Dr Julien, une collecte de fonds permettant de venir en aide aux enfants des quartiers Hochelaga-Maisonneuve et Côte-des-Neiges, à Montréal. L'émission est enregistrée rue Adam, dans Hochelaga-Maisonneuve, et on pourra y entendre plusieurs invités ainsi que différentes chorales.
16 commentaires
  • Jean-François Couture - Inscrit 14 décembre 2007 07 h 14

    Le CRTC : Une Institution Clownesque

    L'humour est la politesse du désespoir !

    Avant de nous distribuer ses opinions pour satisfaire la plainte d'un pauvre d'esprit en manque d'attention; les bonzes du CRTC devraient plutôt se faire hara-kiri en constatant leur désastreux héritage dans le dossier de la consolidation médiatique au Canada. C'est ÇA leur mandat !

    Le constat est aussi désolant qu'inquiétant. De pointer les empires médiatiques comme de simples mercenaires du pouvoir économique et politique est devenu un plancher pour quiconque s'intéresse encore à l'exercice démocratique. C'est justement le CRTC qui est en grande partie responsable du laxisme institutionnel sur cet état de chose au Canada. Que personne n'ose nous le rappeler mais que l'on planche à remettre Le Bigot et Radio-Canada à leur place est... symptomatique ?

    Un citoyen corporatif a aussi des obligations, surtout quand il utilise un bien commun comme les ondes publiques. Mais ça, qui s'en souvient ? Pas CanWest, ni Québécor !

    Il semble autrement plus payant pour nos élites d'utiliser leur intelligence et pouvoir pour abuser de leurs contemporains que de les aider à évoluer en les éduquant.

    Les émules d'Edward Bernays ratissent large et sans vergogne. Voir SVP le documentaire de la BBC "The Century of the Self" La genèse du PR et du contrôle dirigé du bon peuple y est exposée. http://video.google.com/videoplay?docid=-263763536

    Depuis, la psyché collective carbure, par procuration, via les chantres de la transformation du citoyen en consommateur.

    Merci MINDFUCK INC. !

  • Paul Verreault - Inscrit 14 décembre 2007 08 h 01

    Langue de bois

    Les journalistes et les animateurs des médias accusent les politiciens d'utiliser la "langue de bois"; veut-on maintenant l'imposer aux animateurs, et à quand aux journalistes? M. Le Bigot avait raison et ce qu'il disait tombait sous le sens...

  • Pierre Zwngli - Inscrit 14 décembre 2007 09 h 07

    Il est temps que Joël s'en aille

    Il m'insupporte par son manque de tolérance pour tout ce qui contredit son laïcisme militant et hargneux.

  • Clémence Richard - Inscrite 14 décembre 2007 09 h 23

    Ce voile réducteur que nous ne saurions voir !

    Bonjour M. Le Bigot,
    J'abonde dans le même sens que vous concernant la burqa et le voile que portent bon gré mal gré les Musulmanes au Québec.
    Nous, Québécoises et Québécois, qui avons vu tant de "capines" blanches, noires (de corneilles!)et grises apparaissant sur notre territoire, en avons ras-le-bol de ce déguisement imposé aux femmes religieuses. Quelques décennies plus tard, nos religieuses ne portent plus cette disgrâce imposée à leur chevelure, parce que nous les avons boudées. Elles ont compris. De cacher cette belle décoration de création divine entourant joliment la figure me rappelle l'énorme problème pervers qu'avait l'Église catholique avec le plaisir des femmes, la danse et autres oppressions. La perversité peut aussi se manifester dans la privation obligée des plaisirs naturels, légitimes. Perversité: jouissance de voir la douleur et la souffrance.
    Pourquoi cacher les cheveux des femmes? Pour qu'elles soient moins belles, moins séduisantes? Moins belles pour qui? Pour des hommes possessifs, contrôlants, dictateurs, jaloux "à mort", infantilisants, dépendants, déviants, homosexuels, faut-il tous les nommer?
    Le voile des musulmanes m'insulte et me blesse dans ma chair de femme confortable. Ce sont mes soeurs, qui se laissent enfermer !
    C'est pourquoi je ne peux plus suivre la Commission Bouchard-Taylor sur les "Emmerdements déraisonnables", qui contrôle imperceptiblement les opinions des Québécoises et des Québécois de souche lorsqu'ils sont en désaccord avec le port du voile. Ça m'oppresse lorsque le commissaire Bouchard interpelle les personnes qui émettent une opinion défavorable à ce sujet, fût-elle exprimée avec peu de raffinement. On ne les respecte pas. C'est à croire que la Commission est mandatée secrètement par le gouvernement Charest pour imposer aux Québécois ce qu'ils ne veulent pas sur leur territoire : des musulmanes voilées. Et flirter en bout de ligne avec le vote ethnique. Démagogique, choquant, ce procédé manipulateur de foule québécoise pure laine. Nous payons très cher pour nous faire endoctriner... C'est révoltant !
    Aucun accommodement ne doit être accordé. Seulement du cas par cas. Observons bien ce que les musulmans sont en train de faire avec le Québec.

  • Michel Leduc - Inscrit 14 décembre 2007 09 h 44

    Le Bigot, notre dernier rempart

    Le CRTC ose-t-il comparer le travail de Monsieur Le Bigot avec ce qui est produit par des animateurs ou des animatrices des stations dites : poubelles? Et Radio-Canada dans tout ça souscrit a une partie du jugement du CRTC. Une chance que Radio-Canada peut compter sur des matelots du calibre de Monsieur Le Bigot et toute son équipe parce qu'il y a un bout de temps que les dauphins et les marsouins accompagnant son bateau auraient modifié leur comportement et se seraient tout simplement séparer de cette mer inculte. Pour moi et principalement ma famille, laissez Monsieur Le Bigot et son équipe soutenir notre joie de vivre à chaque fin de semaine comme ils l'ont fait depuis plusieurs années. L'équipe technique fait et fera son travail et ce n'est pas au CRTC d'intervenir sur des propos tenu par une personne trop lâche pour s'identifier, oui lâche.