Roman québécois - Visa le noir, rata le blanc
Ce deuxième roman de Philippe Poloni aurait tout aussi bien pu s'intituler De l'assassinat considéré comme un des beaux-arts, ou encore Quelques personnages en quête d'identité, puisque les ombres de Thomas de Quincey et de Pirandello, parmi d'autres, planent sur le destin de son personnage principal. Poloni a plutôt choisi ici un titre-écran, à la limite de l'insignifiance, dirait-on: il ne sera fait allusion à ces truites à la tomate qu'une fois, très tard dans le récit. C'est le seul plat que peut supporter l'estomac fragile d'une vieille dame, qui n'est d'ailleurs qu'un personnage secondaire. Mais peut-être s'agit-il précisément de cela, dans ce livre: de dire l'essentiel en empruntant de nombreux détours par ce qui paraît accessoire, en laissant le lecteur se dépatouiller tout seul.
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