Chroniques - Drôle d'époque
Denise Bombardier a touché à tout dans sa carrière médiatique: romancière à succès, animatrice à la radio et à la télévision, journaliste sur les ondes et à l'écrit, productrice et, depuis quelques années, commentatrice à la radio, à la télévision et au Devoir.
Chez certains, ses chroniques du samedi provoquent la réflexion et l'admiration, chez d'autres, le mépris et l'urticaire. On lui reproche son côté mère supérieure ou on la félicite pour ses sorties à la Jeanne d'Arc, un crucifix en guise d'épée ou l'inverse, toujours prête à partir en guerre tant pour la protection des valeurs que pour ces petits riens élevés au rang de symptômes des grands maux de cette société.
Sans complaisance, publié ce mois-ci chez VLB éditeur, est un recueil de 55 chroniques publiées dans les pages de ce journal. Comme tous les ouvrages du genre, il présente l'inconvénient de nous ramener dans le temps sans rappeler le contexte qui a donné naissance à la réflexion proposée.
En revanche, débarrassée du bruit ambiant, cette même réflexion prend une autre couleur, moins anecdotique, et retient l'attention du lecteur davantage que ne le fait la lecture de son journal du matin.
Nostalgie ?
Des thèmes reviennent tout au long du recueil: la qualité de la langue parlée dans les médias, évidemment, le respect, la démission des élites et le manque de courage de certains élus, la morale aussi ... «Drôle d'époque où plus personne n'a de regret, de remords et de honte, ces sentiments liés à la conscience morale et qui situent l'homme au-dessus de l'animal», écrit Denis Bombardier en conclusion d'un texte publié en avril 2004. Drôle d'époque, en effet, mais qui osera prétendre qu'il était plus intéressant, plus productif ou plus excitant de vivre à cette autre époque pas si lointaine où le regret, le remords et la honte servaient d'épouvantails?
Sans complaisance est le livre d'une femme dont certains propos teintés de nostalgie tranchent avec la vie de son auteure, qui a su mieux que quiconque tirer le maximum de cette époque débridée qui est la nôtre.
j-rsansfacon@ledevoir.com
Chez certains, ses chroniques du samedi provoquent la réflexion et l'admiration, chez d'autres, le mépris et l'urticaire. On lui reproche son côté mère supérieure ou on la félicite pour ses sorties à la Jeanne d'Arc, un crucifix en guise d'épée ou l'inverse, toujours prête à partir en guerre tant pour la protection des valeurs que pour ces petits riens élevés au rang de symptômes des grands maux de cette société.
Sans complaisance, publié ce mois-ci chez VLB éditeur, est un recueil de 55 chroniques publiées dans les pages de ce journal. Comme tous les ouvrages du genre, il présente l'inconvénient de nous ramener dans le temps sans rappeler le contexte qui a donné naissance à la réflexion proposée.
En revanche, débarrassée du bruit ambiant, cette même réflexion prend une autre couleur, moins anecdotique, et retient l'attention du lecteur davantage que ne le fait la lecture de son journal du matin.
Nostalgie ?
Des thèmes reviennent tout au long du recueil: la qualité de la langue parlée dans les médias, évidemment, le respect, la démission des élites et le manque de courage de certains élus, la morale aussi ... «Drôle d'époque où plus personne n'a de regret, de remords et de honte, ces sentiments liés à la conscience morale et qui situent l'homme au-dessus de l'animal», écrit Denis Bombardier en conclusion d'un texte publié en avril 2004. Drôle d'époque, en effet, mais qui osera prétendre qu'il était plus intéressant, plus productif ou plus excitant de vivre à cette autre époque pas si lointaine où le regret, le remords et la honte servaient d'épouvantails?
Sans complaisance est le livre d'une femme dont certains propos teintés de nostalgie tranchent avec la vie de son auteure, qui a su mieux que quiconque tirer le maximum de cette époque débridée qui est la nôtre.
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