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Roman québécois - Les humeurs et les amours d'Hélène de Champlain

Diane Précourt   6 août 2005  Livres
Le deuxième tome d'Hélène de Champlain, intitulé L'Érable rouge, raconte l'histoire au XVIIe siècle des colons de la Nouvelle-France et de ceux qu'on appelle alors les «Sauvages», avec comme trame de fond la tumultueuse vie amoureuse d'Hélène Boullé, épouse du grand explorateur Samuel de Champlain.

Mariée à 12 ans alors que lui en a pratiquement quatre fois plus, il ne sera jamais l'élu de son coeur. Non, la belle Hélène vibre de tout son être pour Ludovic, son cher pelletier. Elle l'aimera tendrement, mais en cachette et à la sauvette.

Dans la seconde tranche de ce qui s'annonce comme une trilogie, on retrouve une Hélène de Champlain en proie à la dépression — identifiée ici par l'expression ronflante de «ses humeurs» — depuis son retour forcé en France, après quelques années passées sur les rives du Saint-Laurent, son amoureux à portée de fleuve, qui, lui, est resté dans le Nouveau Monde où il a trouvé un pays à bâtir. Pour revivre les grands moments de ce séjour en Nouvelle-France qui l'aura marquée pour toujours, l'héroïne s'emploiera donc à en écrire ses souvenirs.

Entre France et Nouvelle-France

L'auteure d'Hélène de Champlain, Nicole Fyfe-Martel, nous fait voyager, au fil des chapitres, entre cette France où Hélène verra s'égrener les années sans aucune nouvelle de son cher Ludovic, dont elle est persuadée qu'il l'attend sous l'érable rouge, là-bas, près de leur cabane, et cette Nouvelle-France avec les hauts et les bas de la vie des colons.

Car madame de Champlain se voit confinée à rester en place malgré son désir de reprendre la traversée de l'Atlantique vers la Nouvelle-France... et l'amour de sa vie. Cette féministe avant la lettre se battra jour après jour, passionnément, pour réaliser son rêve. Mais aussi contre ses démons. Elle ira même jusqu'à conclure un pacte avec elle-même, se promettant de prendre le voile en échange de retrouvailles avec son fils illégitime, fruit de sa liaison avec Ludovic. Imaginons un peu, elle, femme rebelle pour l'époque, donner sa vie à Dieu...

Dans ce deuxième tome, les Anglais finissent par arriver dans le décor des rives du Saint-Laurent et le roi de France, qui a d'autres chats politiques à fouetter, prêtera une oreille un peu moins attentive aux requêtes de Samuel de Champlain pour la lointaine colonie. Aussi, les dernières pages du livre voient surgir, coup sur coup, une série de coïncidences qui étonnent quelque peu pour être ainsi réunies. Par chance, cela n'empêche en rien ce roman historique d'être de très intéressante et enrichissante lecture.
 
 
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