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Les Québécois lisent moins que les autres Canadiens

Caroline Montpetit   27 juin 2005  Livres
De l’ensemble des Canadiens interrogés par Patrimoine Canada, 54 % affirment lire tous les jours, 33 % disent lire plus occasionnellement et 87 % affirment pour leur part lire au moins un livre par année.
Photo : Pascal Ratthé
De l’ensemble des Canadiens interrogés par Patrimoine Canada, 54 % affirment lire tous les jours, 33 % disent lire plus occasionnellement et 87 % affirment pour leur part lire au moins un livre par année.
C'est au Québec que le taux de lecteurs réguliers est le plus bas dans l'ensemble du pays. C'est ce que montre en effet une nouvelle étude de Patrimoine Canada sur les habitudes de lecture des Canadiens.

Selon cette étude, le taux de lecteurs réguliers chez les Québécois est de 46 %, alors qu'il dépasse 50 % partout ailleurs, avec un sommet dans les provinces de l'Ouest, soit 59 % en Colombie-Britannique et 60 % dans les Prairies.

L'étude a été effectuée auprès de 1963 Canadiens de 16 ans ou plus. Et ses conclusions tendent à démontrer que les discours selon lesquels les Canadiens lisent de moins en moins sont alarmistes. Elle établit en effet que les habitudes de lecture des Canadiens n'ont pratiquement pas changé depuis 15 ans. Les auteurs concluent même que l'avènement d'Internet, des jeux vidéo, du clavardage et de la musique téléchargeable ne se fait pas au détriment de la lecture, mais parfois même, particulièrement dans le cas d'Internet, à son avantage.

De l'ensemble des Canadiens interrogés, 54 % affirment lire tous les jours, 33 % disent lire plus occasionnellement et 87 % affirment pour leur part lire au moins un livre par année. La moitié de la population canadienne lit plus de sept livres par année et 13 % de la population est formée de gros lecteurs, qui lisent plus de 50 livres par année. De plus, 70 % des parents disent quant à eux faire la lecture à leurs enfants tous les jours, ou presque tous les jours. Et on sait que les femmes sont de plus grandes lectrices que les hommes.

Dans l'ensemble, les francophones lisent cependant moins que les anglophones. En effet, 59 % des anglophones ont dit lire régulièrement pour se détendre, contre seulement 45 % des répondants francophones et 44 % des Canadiens dont la langue maternelle n'est ni l'anglais ni le français. De plus, les répondants qui déclarent le français comme langue maternelle disent lire en moyenne 13,9 livres par année, ce qui est nettement moins que les anglophones, qui disent en lire, en moyenne, 17,6. Les francophones sont également moins nombreux à fréquenter les bibliothèques publiques. Les francophones hors Québec sont ceux qui semblent lire le moins, puisque seulement 31 % d'entre eux disent lire régulièrement.

En fait, en général, les francophones «ne manifestent pas des prédispositions à lire aussi favorables que celles des autres répondants», et «connaissent moins ou pensent être moins bien desservis par des sources d'approvisionnement près de chez eux (librairies, bibliothèques)».

Signalons aussi que 77 % des livres lus au Canada au cours de la dernière année étaient écrits en anglais, par rapport à 21 % en français. Les francophones lisent 10 % de leurs livres en anglais, tandis que les anglophones lisent 3 % de leurs livres en français. Enfin, 37 % des francophones hors Québec n'ont pas lu un seul livre en français au cours des 12 derniers mois.

Ce sont les recommandations de livres faites par des amis qui sont les sources les plus utiles (40 %), après celles faites par les critiques (23 %). Les sources d'approvisionnement en livres sont variées, mais 81 % achètent des livres dans les librairies traditionnelles et dans les chaînes de magasin, 12 % les trouvent dans les magasins à grande surface et 11 % dans les librairies de livres d'occasion.

Par ailleurs, les Canadiens lisent aussi beaucoup pour se détendre, et ce type de lecture occupe 20 % de l'ensemble des heures consacrées à la lecture.

Les auteurs concluent finalement que la lecture n'est pas une activité élitiste, bien que la scolarité soit liée à la régularité de la lecture et à son intensité. Trente-huit pour cent des moins scolarisés affirment en effet trouver beaucoup de plaisir à lire pour se détendre. On constate aussi que les répondants consacrent plus de temps à lire des livres pour se détendre qu'à lire des revues ou des journaux.






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  • Guimont Rodrigue
    Inscrit
    mercredi 29 juin 2005 11h13
    Permettez-moi d'en douter...
    « Il n'y a pas si longtemps on disait également que les Québécois donnaient moins aux organisations caritatives et une autre étude pan-canadienne tentait à démontrer que ces mêmes québécois pratiquaient le bénévolat à une échelle moindre que les autres canadians. Aujourd'hui nous savons que nos conceptions d'un travail bénévole diffère de celui de l'Ontario et que nous donnons - du moins certains - sans trop nous préoccuper du reçu d'impôt.

    Mais les "Canadians" lisent quoi exactement? Aucune étude sur le sujet il me semble. Je me souviens d'un temps en Ontario où ma voisine me disait avec tout le sérieux du monde que son mari lisait tous les soirs avant de se coucher. Ah oui! et que lit-il réplique-je? Il lit tous les soirs au lit le catalogue du «Canadian Tire» ou encore le «Home Hardware»! Ah bon. Sans chercher à être élitiste un livre de recettes et un essai politique n'ont pas la même portée littéraire.

    À quand une étude québécoise sur nos genres et nos habitudes de lecture? »

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