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Littérature - Les Chroniques de Bob Dylan: enfin les beaux jours

Karen Ricard   4 mai 2005  Livres
Accueilli par un choeur de critiques élogieuses lors de sa parution en anglais, l'automne dernier, le premier volume des mémoires de Bob Dylan, sobrement intitulé Chroniques, sort aujourd'hui en France — et début juin au Québec — dans une traduction française proposée par les Éditions Fayard.

Voilà qui ne devrait laisser aucun lecteur indifférent. On a affaire à la royauté de la musique américaine, et son plus digne représentant, prince réticent de la poésie chansonnière, ne fait jamais rien comme personne.

«À ma place, n'importe qui serait devenu fou», déclare-t-il sans ambages dans un chapitre évoquant les lendemains désenchanteurs de la fin des années 60. Dylan vivait alors en semi-réclusion à Woodstock afin d'échapper à ses fans devenus fous et aux journalistes prompts à lui accoler des étiquettes dont il ne voulait pas. «Pape de la contestation, tsar de la dissidence, baron de l'insoumission, leader des écornifleurs, empereur de l'apostasie, archevêque de l'anarchie... » Vif et rebelle, Dylan caricature... à peine. Il est bien vrai qu'on l'a souvent sacré «prince du folk» (période contestataire, au début des années 60) et «roi de la rébellion» (après qu'il eut découvert les Beatles et la guitare électrique). «Des noms de code pour hors-la-loi», tranche Dylan, discret habitant de la planète rock malgré une gloire légendaire.

Ce premier volume d'un triptyque auquel travaille toujours le barde du Minnesota est constitué de cinq chapitres. Autant de «chroniques» qui sont à la fois un portrait de l'artiste à diverses périodes de sa vie (des années 60 à la fin des années 80) et celui d'une Amérique en voie de passer à l'oubli. Il n'y avait pas le chauffage dans les appartements de Greenwich Village où nous entraîne Bob Dylan, revisitant l'époque de ses premières amours; on s'y dégelait les mains et le coeur en charmante compagnie, sous les couvertures, ou en chantant de vieilles chansons dans des caves et cafés. Ces détails, amenés de manière pudique et sensible, ont enthousiasmé les critiques anglo-saxons quand l'ouvrage est paru en anglais chez Simon & Schuster et ont permis à Dylan d'être finaliste pour un prix du National Book Critics Circle et de squatter la liste des best-sellers du New York Times plusieurs semaines durant.

L'édition française de Chroniques, volume 1 devrait faire son apparition dans les librairies québécoises le 6 juin, à temps pour les beaux jours.
 
 
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