Littérature - Le testament philosophique de Jean-Paul II: un goût un peu amer
Plus polémique que rigoureux, plus théologiquement correct que charitable, Mémoire et identité, le dernier essai de Jean-Paul II issu de conversations avec deux philosophes polonais qui ont eu lieu en 1993, son «testament politique et spirituel» nous avertit la bande-annonce de l'éditeur Flammarion, laisse un goût un peu amer. La méditation philosophique salutaire à laquelle le pape nous invite en proposant une réflexion tranchée sur les rapports entre la liberté et la vérité — un de ses thèmes de prédilection — y côtoie malheureusement un regard très sombre sur l'évolution de la pensée moderne, qui s'accompagne de jugements d'une rare dureté, assenés sans nuance. Cela laisse l'impression que Jean-Paul II, trop occupé à marteler la vérité, a oublié que les esprits modernes les plus lucides ne se rendent qu'à une argumentation plus fine, capable de concilier le discours de la vérité avec le respect des consciences individuelles.
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