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Salon du livre de Paris - Il y a trop de prix franco-québécois, selon des éditeurs

21 mars 2005  Livres
Paris — Une demi-douzaine de prix littéraires franco-québécois ont été remis en fin de semaine à la faveur du Salon du livre de Paris: c'est «beaucoup trop», selon certains éditeurs, qui soulignent que ces récompenses n'ont en France «aucun impact».

«Le principe des prix franco-québécois est valable, mais il y a un bon ménage à faire», résume Hervé Foulon, le patron des Éditions HMH et de la Librairie du Québec à Paris.

Samedi, au grand rendez-vous parisien du Livre, les remises de prix (dont les gagnants avait été désignés il y a quelques jours ou quelques mois, selon les cas) se sont succédé aux stands du Canada et du Québec.

Gilles Jobidon (La Route des petits matins) a reçu le Prix Anne-Hébert, créé par le Centre culturel canadien pour récompenser un premier roman canadien en langue française; Jean Lemieux (On finit toujours par payer) a empoché le Prix France-Québec/Philippe-Rossillon, dont le pendant québécois, le Prix Québec-France, est ensuite allé au Français Jean-Philippe Blondel (Accès direct à la plage). Pendant ce temps, Lise Tremblay devait recevoir au Sénat français le Prix France-Québec/Jean Hamelin, que l'Association des écrivains de langue française lui a décerné l'automne dernier pour La Héronnière.

À tout cela s'est ajouté, dans un autre domaine, le tout nouveau prix de la bande dessinée créé par l'Office franco-québécois pour la jeunesse, et remis, à Paris et à Gatineau, à deux jeunes auteurs français et québécois.

Si personne ne conteste l'importance d'encourager les bédéistes de demain, plusieurs responsables soulignent la confusion provoquée, dans le domaine littéraire, par la multiplication des récompenses franco-québécoises.

«Il faut arrêter de saupoudrer les prix et les chèques, lance un important éditeur québécois. Si le but du jeu est de vendre des livres en France, il faut créer un prix ayant une identité claire et une vraie crédibilité, doté d'une bonne bourse. Il faut faire venir le gagnant en France pendant plusieurs semaines, embaucher une attachée de presse, rencontrer les médias, bref il faut mettre le paquet. Sinon, ça ne sert à rien.»

«Tout ça est un peu ridicule, a reconnu un auteur connu, au cours d'une discussion à bâtons rompus. On remet le prix, mais il n'y a ni suivi ni retombées. Les médias français n'en parlent jamais.»

La rivalité entre le Prix France-Québec/Jean-Hamelin et le Prix France-Québec/Philippe-Rossillon illustre le caractère caricatural de la situation. Le premier a été créé dans les années 60 par l'Association des distributeurs exclusifs de livres en langue française (ADELF) et est décerné par un jury d'écrivains; le second a vu le jour il y a sept ans au sein de l'Association France-Québec, dont les membres sont appelés à voter.

Cette homonymie étant source de confusion, c'est sans doute de ce côté que devra être entreprise la réforme que plusieurs (notamment à la Délégation générale du Québec) appellent de leurs voeux.

Gilbert Pilleul, le président du Prix France-Québec/Philippe-Rossillon, vante les mérites de son approche. «Nous permettons chaque année à un auteur québécois d'aller à la rencontre de son public français», rappelle-t-il. Mais il souhaite lui aussi une refonte.

«Je suis le premier à vouloir la naissance d'un grand prix France-Québec, assure-t-il. Je pense qu'il pourrait très bien avoir deux volets: un prix du jury et un prix du public.»

Il y a plusieurs mois, Gilbert Pilleul a tendu la main à l'ADELF, avec laquelle ont été entrepris de délicats pourparlers devant conduire à une éventuelle fusion. Ils n'ont pas abouti.






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