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    France - Le Pr Choron, fondateur de Hara-Kiri et de Charlie Hebdo, est mort

    11 janvier 2005 |Associated Press | Livres
    Paris — Le professeur Choron, qui avait fondé les magazines satiriques Hara-Kiri et Charlie Hebdo, est mort hier matin à l'hôpital parisien de Necker à l'âge de 75 ans. Boule à zéro et petite moustache, le Pr Choron avait bousculé convenances et tabous avec son humour «bête et méchant».

    «Il est décédé ce matin à la suite d'une très très longue maladie», a déclaré hier Yoram Perez, collaborateur de La Mouise, le dernier magazine créé par le professeur Choron, Georges Bernier de son vrai nom. L'hôpital Necker a confirmé le décès.

    Choron avait un «humour violent, volontiers scato», s'est souvenu sur France-Info le journaliste et écrivain François Cavanna, qui avait lancé avec lui le mensuel Hara-Kiri en 1960 et a perdu «un ami», un «frère». Choron, raconte-t-il, «était un participant très efficace. Il se prenait au jeu. Un peu emmerdant parce qu'il disait n'importe quoi. Tout ce qui lui passait par la tête, il le disait».

    «À travers toutes ses qualités et tous ses défauts, Choron était mon ami, était mon frère et j'ai beaucoup de peine», a ajouté Cavanna, qui était rédacteur en chef de Hara-Kiri. Cavanna et Choron s'étaient connus dans les années 50 à Paris au journal Cordées, dont Bernier était le dynamique directeur des ventes.

    Georges Bernier deviendra plus tard le professeur Choron, personnage à l'éternel polo boutonné jusqu'au col, crâne rasé et fume-cigarettes cloué aux lèvres — ce fut un grand fumeur.

    «Bête et méchant»

    Hara-Kiri avait ses locaux rue Choron, dans le 9e arrondissement parisien. Directeur de la publication, Bernier a emprunté son surnom à cette rue. Un jour, l'équipe d'Hara-Kiri reçoit la lettre d'un lecteur mécontent. «Non seulement vous êtes très bêtes, mais vous êtes très méchants», fulmine-t-il. C'est de là que viendra le slogan «Hara-Kiri, journal bête et méchant».

    Dans les années 1960, Hara-Kiri n'a pas joui de la même bienveillance de la part des pouvoirs publics. Choron et ses équipiers, dont Reiser, Wolinski, Gébé, Cabu ou Topor, se moquent de tout, de la misère, de la mort, de la bêtise, détournent les slogans de la publicité, les gros titres de la presse à sensation, bousculent les tabous. Ce qui vaudra deux interdictions au mensuel, en 1961 et 1966.

    Pour coller davantage à l'actualité, l'équipe décide en 1969 de faire paraître un hebdomadaire, parallèlement au mensuel.

    En septembre 1969 est lancé Hara-Kiri-hebdo, qui deviendra ensuite L'hebdo Hara-Kiri. Un an plus tard, il essuie les foudres de la censure. Le général de Gaulle meurt le 9 novembre 1970, dix jours après l'incendie d'une discothèque qui a fait 146 morts. Le magazine titre en couverture du 16 novembre 1970, «Bal tragique à Colombey - un mort». Le ministère de l'Intérieur interdit la parution de l'hebdomadaire.

    L'équipe continue à publier le journal, mais sous un autre titre, Charlie Hebdo, emprunté à un mensuel. Georges Bernier et Delfeil de Ton avaient en effet lancé en 1968 Charlie, un mensuel dans lequel était publiée la BD Peanuts avec ses célèbres personnages Snoopy et Charlie Brown. Charlie Hebdo paraît donc de 1970 à 1982, année où il fait faillite.
     
     
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