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La démission culturelle

Gil Courtemanche   20 novembre 2004  Livres
Je suis gastronome, j'adore faire la cuisine et je fais parfois semblant de connaître le vin. Ce que je sais, cependant, c'est que les seuls livres qui n'ont pas besoin de promotion sont les livres de cuisine et les guides des vins, qui se retrouvent immanquablement sous le sapin de Noël. C'est pourtant le thème qu'a choisi le Salon du livre de Montréal cette année. C'est ainsi que les ambassadeurs de l'événement défilent à la télé ou à la radio et causent avec talent de leurs recettes préférées plutôt que du dernier et magnifique livre de Jean-Paul Dubois, Une vie française. Qu'on ne s'y trompe pas: je n'en fais pas un plat. J'y vois seulement un symbole de plus, anodin peut-être, mais un symbole d'une sorte de démission collective. La poésie fout l'camp.
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  • Francine Bordeleau
    Abonné
    dimanche 21 novembre 2004 14h21
    Culture, littérature: de qu'ossé pour les "néo-cons"?
    Monsieur Courtemanche,

    On se demande en effet où les dirigeants du SLM avaient la tête lorsqu'ils ont décidé de ce thème qui eût mieux convenu à une foire agricole. Le même commentaire s'applique bien entendu à Télé-Québec. M'as-tu lu? a à mes yeux une seule qualité: elle est un iota moins crétine que Diabolo Menthe, la défunte (Dieu merci!) émission "culturelle" quotidienne de la station. En matière culturelle, la télévision d'État fait maintenant preuve d'une incurie et d'une bêtise dont on rirait si elles n'étaient aussi affligeantes. Les cotes d'écoute de M'as-tu-lu? sont infinitésimales? C'est parce que l'émission est nulle; la littérature n'y est pour rien. Mais les cadres de Télé-Québec semblent incapables de faire ce constat élémentaire... En tout cas merci pour vos propos bien sentis, et hélas si justes.

    Francine Bordeleau,
    journaliste littéraire, Lettres québécoises

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