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    Plagiat dans un livre de Donald Cuccioletta?

    6 octobre 2004 |Antoine Robitaille | Livres
    Plusieurs longs passages d'un livre de l'historien Donald Cuccioletta publié en 2001 sont textuellement identiques à ceux d'un ouvrage américain paru en 1964. C'est ce que Le Devoir a constaté après avoir reçu des informations qui dénonçaient ces emprunts.

    M. Cuccioletta, souvent consulté par les médias sur la politique américaine, enseigne à l'université de Plattsburgh, dans l'État de New York, où il dirige un institut des études québécoises, créé en février. Il a publié, en 2001, l'ouvrage collectif L'Américanité et les Amériques aux Éditions de l'IQRC (Presses de l'Université Laval), livre qu'il a dirigé et dans lequel il n'a signé qu'un court texte, en anglais, «L'américanité and The History of Americas: Independence and Liberalism Between 1760-1860», faisant 15 pages. Or les quatre premières, y compris une note en bas de page, sont en tout point semblables à diverses parties de l'introduction de Do the Americas Have a Common History?, un ouvrage paru aux États-Unis en 1964, chez Knopf, et dirigé par l'historien américain Lewis Hanke. Décédé en 1993, Hanke a enseigné pendant plusieurs décennies à l'université Columbia, à New York. Dès les premiers mots, on constate la similitude des textes: «The ideas that the Americas — North and South — have [...]», et ainsi de suite pendant plusieurs dizaines de phrases. M. Cuccioletta, dans les pages en question, ne fait aucunement mention de Hanke, même pas dans une note. Le livre américain se retrouve toutefois en bibliographie, à travers une trentaine de titres, mais l'auteur y est curieusement rebaptisé «Louis» Hanke.

    Erreur d'édition

    Joint par Le Devoir à Montréal hier, où il préparait le lancement d'un autre livre, Élections made in USA aux Éditions La Presse (coécrit avec John Parisella, ancien chef de cabinet de Robert Bourassa), M. Cuccioletta a affirmé n'avoir eu «aucune intention» de copier Hanke, dont il dit très bien connaître les travaux, «comme tout le monde qui s'intéresse au sujet des Amériques».

    M. Cuccioletta s'explique mal les concordances entre son texte et celui de Hanke. Il dit avoir «probablement mis des références en bas de page», mais que celles-ci «ont peut-être disparu à l'impression». Pourtant, aucun guillemet ne semble avoir été omis et plusieurs autres notes en bas de page y apparaissent. Mais l'historien certifie qu'il n'y est pour rien: «C'est une erreur d'imprimerie», dit-il, précisant que ce n'est pas la première fois qu'il est confronté à un tel problème. Il raconte que, il y a «une dizaine d'années», il avait dû avertir un éditeur, avant l'impression d'un livre, qu'une note avait disparu dans un de ses textes et qu'il fallait la rajouter. Mais il n'a pas pu préciser de quelle publication il s'agissait.

    M. Cuccioletta prétend aussi qu'il entendait parler de cette affaire pour la première fois. Mais, selon nos informations, c'est en 2002 qu'un professeur du département d'histoire de l'UQÀM — où M. Cuccioletta a été chargé de cours pendant une dizaine d'années — a repéré les emprunts à Hanke dans L'Américanité et les Amériques, y voyant un cas clair de plagiat. Toujours selon nos sources, mis au courant de cette affaire, le directeur du département de l'époque, Jean-Claude Robert, avait alors décidé de ne pas réembaucher M. Cuccioletta. Joint hier, M. Robert a refusé de commenter, affirmant que toute cette affaire était «confidentielle».

    M. Cuccioletta nous a confirmé par ailleurs qu'il n'a pas enseigné en histoire à l'UQÀM «depuis quelques années». Outre un cours sur la littérature canadienne de langue anglaise au département des littératures, l'an dernier, «le seul contact que j'ai avec l'UQÀM, c'est à la Chaire Raoul-Dandurand, comme membre de l'observatoire sur les États-Unis», a-t-il dit.












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