Habermas l'intellectuel
Le philosophe allemand Jürgen Habermas, très prisé il y a peu par une certaine gauche savante, est-il, comme le prétendent ceux qui l'aiment moins, «trop théorique»? Est-il juste d'affirmer qu'il doit «être compris avant tout comme théoricien dont les écrits politiques ne représentent qu'un appendice accessoire et insignifiant de sa pensée vraie et pleine»? Telle est la question que soulève le philosophe Donald Ipperciel, de la faculté Saint-Jean de l'université de l'Alberta, en introduction à son opuscule intitulé Habermas: le penseur engagé.
Sa réponse, déjà contenue dans ce titre, renverse radicalement cette perspective. Selon lui, en effet, «l'oeuvre théorique prend tout son sens comme entreprise fondationnelle de ce qui se présente d'abord comme une critique déployée dans un contexte politique et public». Critique de quoi? Du conservatisme allemand mal dégagé de son fonds crypto-fasciste. L'intellectuel est donc premier, et le théoricien vient fonder son engagement.
Publié dans la petite collection «Lectures» des Presses de l'Université Laval, dont l'intention est de présenter, dans un style accessible, des auteurs qui ont marqué la pensée contemporaine, Habermas: le penseur engagé insiste donc surtout sur les engagements concrets du philosophe dans la vie politique allemande.
Penseur attaché au projet des Lumières, Habermas mène le combat contre «la rationalité instrumentale qui sert souvent de ressort à l'action conservatrice» en ce qu'elle réduit la rationalité «à la politique du pouvoir et au rendement économique». Par ses interventions dans les débats sur la réforme des universités dans les années 50, autour des mouvements de protestation étudiante en 1968 et au sujet du virage conservateur des années 80, le philosophe s'impose comme l'ennemi de «la colonisation du monde vécu» par «l'action systémique» et comme le défenseur de la pensée démocratique radicale «entendue comme formation libre de la volonté populaire par le moyen de la discussion publique», seule voie à même de permettre l'émancipation.
C'est en appui à cet engagement qu'il développera sa théorie de l'agir communicationnel, qui réfute les arguments néoconservateurs, opposés à «une démocratisation accrue au nom de la nature humaine ou d'impératifs systémiques». Ipperciel résume la thèse du théoricien: « Si on ne s'assure rationnellement de la vérité ou de la justesse des énoncés que dans la discussion de tous les acteurs concernés, alors la démocratie s'impose comme seule forme politique pouvant se conformer à ce principe.»
Sa réponse, déjà contenue dans ce titre, renverse radicalement cette perspective. Selon lui, en effet, «l'oeuvre théorique prend tout son sens comme entreprise fondationnelle de ce qui se présente d'abord comme une critique déployée dans un contexte politique et public». Critique de quoi? Du conservatisme allemand mal dégagé de son fonds crypto-fasciste. L'intellectuel est donc premier, et le théoricien vient fonder son engagement.
Publié dans la petite collection «Lectures» des Presses de l'Université Laval, dont l'intention est de présenter, dans un style accessible, des auteurs qui ont marqué la pensée contemporaine, Habermas: le penseur engagé insiste donc surtout sur les engagements concrets du philosophe dans la vie politique allemande.
Penseur attaché au projet des Lumières, Habermas mène le combat contre «la rationalité instrumentale qui sert souvent de ressort à l'action conservatrice» en ce qu'elle réduit la rationalité «à la politique du pouvoir et au rendement économique». Par ses interventions dans les débats sur la réforme des universités dans les années 50, autour des mouvements de protestation étudiante en 1968 et au sujet du virage conservateur des années 80, le philosophe s'impose comme l'ennemi de «la colonisation du monde vécu» par «l'action systémique» et comme le défenseur de la pensée démocratique radicale «entendue comme formation libre de la volonté populaire par le moyen de la discussion publique», seule voie à même de permettre l'émancipation.
C'est en appui à cet engagement qu'il développera sa théorie de l'agir communicationnel, qui réfute les arguments néoconservateurs, opposés à «une démocratisation accrue au nom de la nature humaine ou d'impératifs systémiques». Ipperciel résume la thèse du théoricien: « Si on ne s'assure rationnellement de la vérité ou de la justesse des énoncés que dans la discussion de tous les acteurs concernés, alors la démocratie s'impose comme seule forme politique pouvant se conformer à ce principe.»
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