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    Petit regain des librairies au Québec cette année

    La tendance installée en 2006 se renverse, avec plus d'ouvertures que de fermetures en 2016-2017

    15 décembre 2017 |Catherine Lalonde | Livres
    Les ventes en librairie seraient aussi en légère hausse, selon l’Institut de la statistique du Québec.
    Photo: Pedro Ruiz le Devoir Les ventes en librairie seraient aussi en légère hausse, selon l’Institut de la statistique du Québec.

    C’est un petit regain, mais il semble important, ne serait-ce que symboliquement. En 2017 et en 2016, le nombre d’ouvertures de librairies au Québec est supérieur au nombre de fermetures. Une situation qui n’était pas advenue depuis 2006.

     

    En colligeant les données de l’Association des librairies du Québec ainsi que celles fournies par les chaînes Renaud-Bray et Archambault, Le Devoir constate que la tendance en place depuis une décennie, entre le statu quo et la fermeture, s’est renversée depuis l’an dernier. Si ces chiffres n’incluent certainement pas toutes les librairies de la province, ils en recensent assez pour tracer un portrait parlant de la situation.

     

    Avec les ouvertures de Bouquinart à Gatineau, de la librairie jeunesse Le Repère à Granby, d’une nouvelle Librairie du Square à Outremont, d’un deuxième local au Port de tête à Montréal, de la petite librairie Racines à Montréal-Nord, d’un Archambault à Saint-Romuald et d’un Renaud-Bray à Repentigny, le Québec a vu naître en 2017 sept librairies supplémentaires. Les fermetures des librairies Canaille (Lac-Mégantic) et Marché du livre (Montréal) assombrissent toutefois le tableau.

     

    « Alors qu’entre 2007 et 2014, le nombre d’ouvertures de librairies ne compensait pas le nombre de fermetures, nous sommes heureux de constater que, depuis 2015, il y a eu plus d’ouvertures que de fermetures. La nouvelle génération de libraires se montre dynamique et proactive. C’est réjouissant ! » a commenté la directrice générale de l’Association des libraires du Québec (ALQ), Katherine Fafard. « Cela s’explique entre autres par le fait que les librairies indépendantes sont le porte-étendard de l’achat local et qu’elles misent sur des liens forts avec la communauté. Si la concurrence étrangère inquiète, les librairies indépendantes d’ici répondent au besoin de curation des gens et sont les seules à pouvoir offrir un tel service. Elles misent sur un inventaire de plus en plus spécialisé et personnalisé. Les libraires prennent de plus en plus plaisir à faire sortir des sentiers battus les lecteurs en leur proposant des auteurs prometteurs, des titres inattendus, mais qu’ils ont envie de faire découvrir et faire vivre dans le temps. »

     

    De son côté, Blaise Renaud, président des chaînes de librairies Renaud-Bray et Archambault, estime « qu’au-delà des redéploiements dans certains marchés, nous ne considérons pas que les données de ces 10 dernières années sont aussi dramatiques qu’elles ne le paraissent ». Au-delà « du nombre de librairies qui ont ouvert ou fermé, ce qui importe vraiment, c’est de savoir combien de livres ont été vendus, et si globalement l’accès aux livres [neufs, d’occasion ou dans les bibliothèques] s’est amélioré pour les lecteurs et la population en général. Nous avons toujours travaillé en ce sens et on note de notre côté une amélioration constante ».

     

    Hausse des ventes

     

    Est-ce un marqueur d’une accessibilité accrue ? Les ventes en librairie seraient, elles aussi, en légère hausse. « L’année 2017 a été une année de belle croissance pour le milieu de la librairie indépendante [11 % selon les chiffres provisoires de l’Institut de la statistique du Québec] », précise le président de la coopérative des Librairies indépendantes du Québec, Alexandre Bergeron, aussi propriétaire de la librairie Larico à Chambly. « Cela se remarque autant sur le plancher des librairies — il suffit de venir le constater ces jours-ci —, que sur la plateforme collective [de vente de livres en ligne] Les Libraires [leslibraires.ca], qui connaît des résultats plus que stimulants avec une augmentation des ventes de 100 % en novembre et en décembre par rapport aux mêmes périodes l’an dernier. Ce choix de coeur des lecteurs témoigne de l’apport de la librairie indépendante dans chaque communauté et d’une reconnaissance de plus en plus forte de l’achat local et responsable. »

     

    Il demeure que la situation n’est pas encore un rattrapage : depuis 2001, l’ALQ a comptabilisé 55 fermetures de librairies indépendantes pour 36 ouvertures. La province compte donc aujourd’hui 19 de ces magasins de moins qu’au début du siècle.













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