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    Lettre

    Propagande ou littérature?

    7 décembre 2017 | Magali Favre, écrivaine jeunesse Le 5 décembre 2017 | Livres

    « Cancer, toxicomanie, mort, réfugiés, intimidation, guerre, génocide, inceste, viol, homoparentalité, diversité sexuelle (sic !), transidentité, aide à mourir, violence conjugale, hyperphagie, automutilation, anorexie, bipolarité, suicide », voilà le monde merveilleux auquel nous convie aujourd’hui ce qu’on ose encore appeler la littérature jeunesse. La tête nous en tourne.

     

    De la qualité de l’écriture, de la justesse du ton, de la richesse de l’imaginaire ou de l’originalité du scénario, nous ne saurons rien. Le Devoir nous parle plutôt de « socioréalisme ». Voilà qui fait étrangement penser au « réalisme socialiste », de triste mémoire. Un art formaté par une volonté de « construire un monde meilleur » et un homme nouveau plutôt que l’honnête homme de Montaigne.

     

    L’enfant n’est pas l’adulte. On doit l’aider à grandir en le rassurant sur ce qu’il est, sur ce que nous sommes et d’où nous venons en le protégeant des violences de la société et des laideurs du monde. L’enfant a besoin de rêve pour se projeter vers l’avenir. Les défis qu’on lui propose doivent être à sa mesure. Ne l’étouffons pas avec toutes nos souffrances et nos angoisses d’adultes.

     

    Le roman en général devrait être un objet délicat à manipuler avec soin, loin de toute forme d’utilitarisme, ou de toute forme de propagande. La beauté avant toute chose, disait le poète.













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