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    Le Grand Prix de la critique décerné à «La terre des fils»

    Gipi a séduit le jury avec son récit post-apocalyptique féroce soutenu par un style sobre

    1 décembre 2017 |Fabien Deglise | Livres
    «La terre des fils» livre avec tendresse le récit initiatique de deux frères cherchant à comprendre le monde après la mort de leur père.
    Illustration: Gipi / Futuropolis «La terre des fils» livre avec tendresse le récit initiatique de deux frères cherchant à comprendre le monde après la mort de leur père.

    Le thème de l’apocalypse et de ses conséquences sur les trajectoires humaines est éculé dans l’univers de la bande dessinée. Or, sous les crayons du bédéiste italien Gipi, cette fin du monde a surpris et séduit le jury de l’Association des critiques et journalistes de bande dessinée (ACBD), qui, le 30 novembre, lui a décerné le Grand Prix de la critique cuvée 2018 pour La terre des fils (Futuropolis). Ce récit initiatique placé dans un monde balayé par la violence des éléments et l’indifférence d’humains destructeurs succède ainsi aux Voyages d’Ulysse, oeuvre poétique d’Emmanuel Lepage primée l’an dernier par ce prix, sorte de prix Renaudot du 9e art.
     

    « Oeuvre forte et âpre », indique l’ACBD, La terre des fils livre avec tendresse le récit initiatique de deux frères cherchant à comprendre le monde, après la mort de leur père, avec en main le journal qu’il tenait mais que les deux enfants sont incapables de déchiffrer. Avec un trait fin, « un style sobre, délié et expressif, gorgé de hachures », Gipi suit les contours de l’héritage, de la survie, des abus, mais aussi de l’amour, celui qui peut changer le cours des histoires sombres. C’est un récit « post-apocalyptique féroce et sec, a souligné le jury, qui sonde la notion de transmission, de l’usage et de la puissance du langage ».

     

    Photo: Gipi / Futuropolis

    Gipi s’est révélé au public francophone en 2005 avec ses Notes pour une histoire de guerre (Actes Sud), prix du meilleur album de l’année du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême l’année suivante. Il est l’auteur du Local (Gallimard) et de Ma vie mal dessinée (Futuropolis). Le Grand Prix de la critique récompense chaque année une oeuvre « à forte exigence narrative et graphique » qui marque par « sa puissance, son originalité et la nouveauté de son propos ou des moyens que l’auteur y déploie ».

     

    Fabien Deglise est un des 95 membres votants de l’ACBD.

    Et les autres finalistes étaient… La terre des fils, de Gipi affrontait quatre autres bandes dessinées au souffle littéraire fort dans cette course au Grand Prix de la critique. Panorama.

    L’aimant, de Lucas Harari (Sarbacane)

    Architecture et légende s’y rencontrent autour des thermes de Vals en Suisse où Pierre est attiré par une force tellurique inexplicable. Une oeuvre au style élégant.

    Ces jours qui disparaissent, de Thimoté Le Boucher (Glénat)

    Entre univers parallèle et folie, c’est l’histoire d’un homme qui partage la conscience de sa vie, un jour sur deux, avec un autre. Étrange. Fantastique. Introspectif.

    Opération Copperhead, de Jean Harambat (Dargaud)

    Une histoire de sosie imaginé par Churchill pour tromper les nazis trouve ici un écho burlesque aux accents très cinématographique. Amusant.

    La saga de Grimr, de Jérémie Moreau (Delcourt)

    Dans la misère islandaise du 18e siècle, un orphelin va s’extirper de sa condition en s’opposant aux déterminismes sociaux et aux dogmes. Puissant.












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