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    Les questions existentielles de l'écrivain Dan Brown à Barcelone

    L’auteur de «Da Vinci Code» fait revivre son héros fétiche dans «Origine», un polar lancé mondialement ce mercredi

    4 octobre 2017 |Fabien Deglise | Livres
    L’auteur Dan Brown photographié à Berlin en octobre 2016
    Photo: Markus Schreiber Associated Press L’auteur Dan Brown photographié à Berlin en octobre 2016

    Six cent mille exemplaires, uniquement pour le marché francophone, le plus gros tirage de cette rentrée. Voilà le chiffre de la démesure qui accompagne ce mercredi le lancement mondial du nouveau roman de Dan Brown, auteur populaire qui a marqué son passé avec Da Vinci Code. Origine — c’est le titre de la chose qui sort aux Éditions JC Lattès — fait revivre le héros fétiche du romancier américain, le professeur en symbologie de Harvard Robert Langdon, sur fond de secte pseudo-catholique, de questionnements existentiels, de technologie et d’oeuvre d’art. Et ce, entre Bilbao et Barcelone.

     

    Recette du succès réécrite une cinquième fois par Dan Brown ? Les apparences ne trompent pas autour de cette brique de 576 pages, lancée en grande pompe, qui amène cette fois Langdon au musée d’art moderne Guggenheim de Bilbao en Espagne, pour commencer, à la rencontre d’un ancien étudiant devenu futurologue « bling bling » sur le point de faire des révélations sur l’origine de monde. Révélations qui se préparent à sonner le glas des religions, rien de moins. Mais bang ! Pas de chance pour lui, il va tomber juste avant sa conférence mondialement attendue sous les balles d’un fanatique, forçant Langdon à partir sur les traces de cette vérité crainte par des forces occultes.

     

    Dieu et la science

     

    Dans cette quête d’un mot de passe pour porter à la face du monde et de ses angoisses la découverte d’Edmond Kirsch, son ancien élève, Langdon, va être accompagné d’Ambra Vidal, directrice du Guggenheim, mais aussi d’une intelligence artificielle, baptisée Winston, dans un tout qui allie technologie, arts, religion, fondement de l’humanité, système de croyances, mais aussi théories de la conspiration. Dans le respect de l’univers de Dan Brown, l’aventure se déroule dans une série de lieux connus, pour ne pas dire communs, comme la Casa Mila et la Sagrada Familia de Barcelone, ces pièces architecturales majeures dans le corps de l’artiste catalan Gaudí qui marque l’identité de Barcelone.

     

    Dans une entrevue accordée au Toronto Star cette semaine, Dan Brown dit s’être amusé avec ce nouveau récit en se demandant si l’idée de Dieu pouvait disparaître à cause de la science. Il reconnaît d’ailleurs au passage que cette question pourrait ainsi l’exposer à cette controverse qui avait amplifié le bruit autour de la sortie de son Code Da Vinci en 2003. « Je me dis : attendons de voir ce qu’il va arriver », a indiqué l’auteur, qui semble maîtriser autant l’art de la redite que celui de la mise en marché.

     

    Dan Brown prouve aussi, une nouvelle fois, qu’il comprend très bien les préoccupations de son présent face aux fausses nouvelles et à ces « réalités alternatives » qui s’imposent dans la sphère publique et numérique comme des vérités cherchant à avoir raison contre les faits. « La technologie a changé le visage de nos philosophies à une très grande vitesse », dit-il, en espérant sans doute secrètement qu’elle n’ait pas trop changé au passage notre rapport au succès et à ce qui en fait, d’un point de vue littéraire s’entend, son origine.

    Origine
    Dan Brown, traduit de l’anglais par Dominique Defert et Carole Delporte, JC Lattès, Paris, 2017, 576 pages












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