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    Le Syndicat de la librairie française cherche, par un portail, à contrer Amazon, une expérience qui se vit déjà au Québec

    12 août 2017 |Catherine Lalonde | Livres
    Depuis le début de 2017, les librairies ont accusé un recul de 9 % sur les ventes, alors que les sites transactionnels gardent leur allant.
    Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir Depuis le début de 2017, les librairies ont accusé un recul de 9 % sur les ventes, alors que les sites transactionnels gardent leur allant.

    Comment contrer Amazon ? En proposant quatre millions de livres par le truchement d’un portail Internet. Tel est du moins le pari du Syndicat de la librairie française (SLF) et de son nouveau site librairiesindependantes.com, lancé à la fin juin. Une initiative qui, bien que différente, n’est pas sans rappeler celle du site leslibraires.ca, ici.

     

    Le nouveau site français permet de rechercher et réserver les livres tenus par quelque 700 commerces. Pas question d’achats : pour ce faire, les internautes sont redirigés vers le site ou la réelle librairie qui détient la perle rare. « C’est comme pour les billets d’avion. Il existe des sites Internet qui regroupent toutes les offres du marché et qui redirigent ensuite vers les sites marchands. Librairiesindependantes.com fonctionne de la même manière », a expliqué dans les médias français le délégué général du SLF, Guillaume Husson.

     

    Il était urgent pour les libraires français de poser un geste. Depuis le début de 2017, le marché des ventes de livres en France a reculé de 4,6 % ; et les librairies ont accusé un recul de 9 % sur les ventes, alors que les sites transactionnels gardent leur allant. Le syndicat tente donc cette solution, devant le grand défi d’en trouver qui convienne aux 3200 librairies indépendantes du pays. Difficile de parler d’une même voix quand on est si nombreux.

     

    « Ce que le syndicat français fait actuellement, ce n’est pas de développer un nouveau site, mais d’agréger différentes initiatives qui existent déjà à travers la France », explique ici Dominique Lemieux, directeur général de la coopérative des Librairies indépendantes du Québec (LIQ). « Ils disent “ venez sur notre plateforme, et on va vous indiquer sur quel réseau vous allez trouver ce que vous cherchez ”. » Une approche complètement différente de celle adoptée il y a cinq ans par la LIQ pour la création du site québécois Leslibraires.ca. « Notre stratégie a été plutôt de dire “ travaillons collectivement sur une plateforme et sa promotion ”.»

     

    Si en 2012, suite au lancement, les ventes ont été marginales, elles sont cette année de plusieurs millions de dollars. La LIQ ne veut pas dévoiler ses chiffres, mais souligne une croissance importante en 2015-2016 comme en 2016-2017 des commandes postales, et surtout des « commandes-cueillettes ». « Les gens vont sur notre plateforme, voient quelle librairie près de chez eux a le livre qu’ils cherchent en stock, et vont le cueillir là, sans frais de livraison. C’est très, très populaire. » Un remplacement, en quelque sorte, de la bonne vieille commande passée aux libraires.

     

    L’union fait la force

     

    La LIQ représente 110 librairies indépendantes sur les 135 ou 140 que compte le Québec, et les membres participent presque tous au site Web. Le client qui y surfe peut acheter simplement un bouquin et le faire livrer chez lui, mais aussi décider précisément de quelle librairie il l’achète. Conséquence : des résultats inégaux, très intéressants pour certaines librairies, anecdotiques pour d’autres, précise M. Lemieux. « Toutes les librairies participantes arrivent à amortir leur investissement et générer des revenus, précise M. Lemieux, ce que la majorité ne serait pas capable de faire en développant un site Web individuel. Collectivement, ça vaut vraiment la peine. Car on peut faire évoluer la plateforme constamment, la garder à jour, s’assurer que les technologies sont le plus performantes possible. » Toutes des choses que peu de librairies indépendantes ont les moyens de faire par elle-même.

     

    Cette année, Leslibraires.ca a ajouté à ses services un inventaire en ligne : le glaneur peut voir combien il y a d’exemplaires disponibles du livre qu’il veut dans les librairies près de chez lui, mais aussi le temps que chacune prendra à expédier son achat. « La proximité demeure pour nous un critère de choix, qu’on encourage, poursuit M. Lemieux, mais le lecteur peut aussi choisir d’acheter à la librairie qui lui offre le délai de livraison le plus court. » Car la notion d’achat éthique et local prône depuis la création du portail. « Pour nous, cet angle est fondamental. L’achat local permet de mieux structurer la communauté, et de garder les sous ici. » Jusqu’à concurrencer sérieusement Amazon ? « J’y crois de plus en plus quand je vois la croissance qu’on connaît actuellement. Et il y a encore une place importante à occuper dans le marché. Les gens sont de plus en plus conscients de l’impact positif de l’achat local. »













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