Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    La romancière Louise Penny renvoie l’inspecteur Gamache à l’école

    10 août 2017 |Manon Dumais | Livres
    Louise Penny
    Photo: Sigrid Estrada Louise Penny

    À l’instar de l’inspectrice Maud Graham, il semble que l’heure de la retraite n’a pas sonné pour l’ex-inspecteur-chef Armand Gamache. De fait, bien qu’il ait quitté la tête de la section des homicides de la Sécurité du Québec dans l’espoir de couler des jours tranquilles avec Reine-Marie dans leur retraite de Three Pines, village fictif des Cantons-de-l’Est, le brave homme n’a pas chômé depuis Un long retour (tome 10).

     

    Dans Un outrage mortel (tome 12), la romancière Louise Penny ramène Armand Gamache à l’école de police de la Sûreté, où il servira de commandant, afin d’y faire le ménage. S’étant penchée sur la corruption dans ses derniers romans, l’auteure a voulu explorer cette fois les racines du mal. « Là où il y a du pouvoir, il y a de la corruption. La dernière place où l’on pourrait la trouver, c’est là où tout commence, donc à l’école de police où les jeunes sont malléables », raconte Mme Penny, jointe chez elle à Knowlton.

     

    Esprit de corps

     

    Peu après son arrivée, le commandant Gamache prend sous son aile quatre élèves à qui il confie l’étude d’une mystérieuse carte qu’Olivier et Gabri ont découverte emmurée dans la salle à manger de leur bistro. Les deux premiers, Huifen, d’origine asiatique, et Jacques, mâle blanc arrogant, sont des élèves de troisième année protégés du corrompu professeur Serge Leduc. Les deux autres, Amelia, dont le look et le comportement associal rappellent la Lisbeth Salander de Millenium, et Nathaniel, roux, homosexuel et anglophone tentant de passer inaperçu, sont des recrues en qui personne, à l’exception de Gamache, ne croit.

     

    « L’un des thèmes du roman est le sentiment d’appartenance. Ce que je trouve intéressant au Québec, c’est que presque tout le monde a l’impression d’appartenir à une minorité ; d’une certaine façon, c’est vrai pour tout le monde. Les francophones sont une minorité au Canada, les anglophones sont une minorité au Québec. Tout cela affecte notre façon d’être avec l’autre. Avec Nathaniel, j’aimais l’idée d’un personnage appartenant à une minorité dans une autre minorité, de pouvoir explorer ce sentiment de vulnérabilité, cette envie d’appartenir au groupe et la sécurité que cela procure », explique en anglais la native de Toronto. Du même souffle, la romancière dévoile que ces jeunes personnages, plus particulièrement Amelia, en raison de son lien avec Armand Gamache, pourraient bien revenir dans les prochains tomes.

     

    À la grande surprise d’Armand Gamache, l’une des copies de la carte citée plus haut se retrouvera sur les lieux d’un meurtre. Afin de les protéger, il emmènera les quatre futurs policiers à Three Pines. Outre Reine-Marie, Gabri et Olivier, ils feront connaissance avec la peintre Clara, la libraire Myrna et la redoutable poétesse Ruth. Cette dernière, qui connaît mieux que quiconque l’histoire du village, leur sera très utile au cours de l’enquête, qui les amènera à s’intéresser à de jeunes soldats québécois morts durant la Première Guerre mondiale.

     

    « N’est-ce pas ironique, alors qu’on célèbre les 100 ans de la bataille de Passchendaele ? souligne la Québécoise d’adoption. Parfois, je me sens comme une enfant dans une confiserie avec tout ce qu’offrent l’histoire du Québec en particulier et l’histoire du Canada en général. Tout endroit possède sa propre histoire, mais le Québec est particulièrement riche en événements historiques. Ce n’est pas sans raison que sa devise est “Je me souviens”. Dans le sixième tome, Enterrez vos morts, qui est campé à Québec, je décris le Québec comme une société qui ne cesse d’avancer sans oublier son passé. En tant qu’étrangère, je pense que c’est l’une des grandes forces de cette société. »

     

    À la vie, à la mort

     

    Si Chrystine Brouillet affirme que Maud Graham est une amie et que cette dernière mourra avec elle, Louise Penny entretient un tout autre lien avec son personnage fétiche. « Armand Gamache, c’est mon mari ! Dès le premier tome, Nature morte/En plein coeur, je savais que je ne voulais pas vivre ce qui arrive souvent entre un auteur et son personnage, comme ce fut le cas pour Agatha Christie et Hercule Poirot, c’est-à-dire me lasser de lui, éventuellement le détester. Je me suis alors dit que j’allais créer un personnage que j’aurais pu épouser. Pas question pour moi de le tuer. D’ailleurs, je me demande si les auteurs qui font cela ne le regrettent pas un jour. »

     

    Ces propos sont d’autant plus troublants que la romancière est veuve depuis septembre 2016. Dans les remerciements d’Un outrage mortel, dont la version originale est parue en 2015, elle parle sans détour de la démence dont a souffert son mari, le docteur Michael Whitehead.

     

    « Je me demandais quels en seraient les effets sur ma vie et sur mon écriture, si celle-ci survivait à sa mort. Durant la maladie de Michael, l’écriture est devenue un refuge, un monde que je pouvais contrôler. Lorsque vous vivez avec quelqu’un souffrant de démence, tout devient chaos. Retrouver mes amis au bistro d’Olivier me réconfortait. Être avec Armand, qui est si solide, c’était comme être avec Michael quand il était en santé. Encore aujourd’hui, c’est réconfortant. Je dirais même que Michael est immortel », conclut Louise Penny, dont le 13e roman, Glass Houses, sortira le 29 août.

    La famille Clinton à North Hatley La municipalité de North Hatley, en Estrie, s’apprête à recevoir Hillary et Bill Clinton. Différentes sources rapportent que l’ancien président américain, l’ancienne secrétaire d’État, leur fille Chelsea et deux petits-enfants comptent séjourner au Manoir Hovey. Ils arriveraient dimanche dans ce lieu de villégiature et y resteraient jusqu’au 19 août.

    Dans une déclaration remise à La Presse par Flammarion Québec, la romancière Louise Penny a confirmé que les membres de la famille Clinton étaient ses invités.

    La semaine dernière, les services secrets américains ont vérifié les installations de cette propriété située sur les rives du lac Massawippi.
    La Presse canadienne
    Un outrage mortel
    Louise Penny, traduit de l’anglais par Lori Saint-Martin et Paul Gagné, Flammarion, Montréal, 2017, 496 pages












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires

    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.