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    SPVM, CHUM et corruption dans le nouveau roman de Jean Lemieux

    Entre SPVM, CHUM et corruption, Jean Lemieux tisse un récit habile

    4 février 2017 | Michel Bélair - Collaborateur | Livres
    L’intrigue du roman s’ébauche à partir d’un meurtre commis dans une clinique annexe du CHUM, alors que des rumeurs de corruption planent sur le chantier du superhôpital.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’intrigue du roman s’ébauche à partir d’un meurtre commis dans une clinique annexe du CHUM, alors que des rumeurs de corruption planent sur le chantier du superhôpital.

    Passer des Îles-de-la-Madeleine à la place Versailles et de la Sûreté du Québec (SQ) au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ne va pas de soi… Mais le lieutenant- détective André Surprenant, de l’escouade des crimes majeurs, y parvient plutôt bien.

     

    On retrouve ici ce policier efficace et sans prétention — qui en est à sa cinquième enquête déjà — alors qu’il se penche sur un meurtre barbare commis dans une clinique annexe du CHUM. Détail important : nous sommes en 2009 et des rumeurs de corruption planent sur le chantier du superhôpital. Qui l’eût cru…

     

    L’intrigue complexe tissée par Lemieux s’appuie en fait sur le climat paranoïde qui sévissait à l’automne 1970. Tout ne se dénouera bien sûr qu’à la toute fin du livre mais, en prime presque, l’enquête permettra de mettre en lumière des passages occultés et rappellera des façons de faire, disons, discutables employées durant la fameuse Crise d’octobre. Au fil de l’investigation, on aura tout au long l’impression de voir des couches de silence s’entasser les unes sur les autres.

     

    La cellule Chénier

     

    C’est que, pour mêler les pistes en alertant les « veilleurs » de la GRC et du SCRS, le meurtrier laisse sur les lieux du crime trois petits blocs de bois marqués des lettres F, L et Q. Voilà de quoi attirer l’attention et faire oublier ce qui se passe tout près de la scène de crime. Surtout quand la victime est un ancien agent infiltré dans la cellule Chénier, qui enleva le ministre Pierre Laporte, mort dans les circonstances nébuleuses que l’on sait…

     

    Les choses ne s’arrangent pas lorsqu’un politicien retraité, ministre dans le gouvernement Trudeau de l’époque, est assassiné à son tour. Pire : son bureau est « nettoyé » et son jeune neveu disparaît lui aussi sans laisser de trace. Dans les journaux, on commence déjà à faire des liens entre les éléments du puzzle, mais Surprenant continue à suspecter qu’on veut l’attirer sur une fausse piste.

     

    Encore une fois, Jean Lemieux manoeuvre de main de maître tout au long de cette histoire touffue, riche de vrais personnages. Son équipe d’enquêteurs du SPVM est particulièrement crédible et les relents de corruption — tout comme les allusions à peine voilées à certains politiciens — qui remontent de ce qu’ils découvrent en feront réfléchir plusieurs.

     

    Surprenant, surtout, et ses proches deviennent de plus en plus complexes avec leurs failles à hauteur du quotidien ; personne ne joue au surhomme ici. Au contraire, plus les enquêtes du lieutenant-détective se multiplient, plus on s’éloigne des personnages unidimensionnels qu’on voit dans les séries télé. Tout cela bien ficelé dans une écriture vive, campée au coeur de la ville comme de la vie.

     

    On ne peut qu’espérer que l’initiative un peu tordue de Surprenant, à la fin du livre, ne mettra pas fin trop rapidement à sa carrière…

    Les clés du silence
    ★★★ 1/2
    Jean Lemieux, Québec Amérique, Montréal, 2017, 368 pages












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