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    Salon du livre de Montréal

    Portrait du lecteur au temps du numérique

    Une nouvelle étude tente de cerner les habitudes de cette bête protéiforme qu’est le lecteur

    18 novembre 2016 |Catherine Lalonde | Livres
    L’attachement au livre semble émerger dans la jeunesse — enfance ou adolescence —, propulsé par la famille et l’école.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir L’attachement au livre semble émerger dans la jeunesse — enfance ou adolescence —, propulsé par la famille et l’école.

    Que mange le lecteur en hiver, littérairement parlant ? Comment choisit-il ses livres ? Et où les achète-t-il ? Afin d’esquisser quelques réponses, l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) a commandé l’étude Le lecteur francophone au Canada à l’ère du numérique. Les résultats ont été dévoilés jeudi au Salon du livre de Montréal, à la Journée des professionnels.


    Le lecteur, comprend-on rapidement à la lecture de cette étude qualitative, est une bête aux habitudes si variées qu’il est difficile de les traquer comme d’en tracer le portrait-robot. Et une bête assez « classique », qui continue à préférer le livre papier plutôt que le numérique, tant pour la sensualité de l’objet que pour sa pérennité.

     

    Ressort, surligné, l’importance du prix des livres, un incitatif majeur à l’achat comme au choix du lieu de l’acquisition. « La première dimension [dans l’occasion d’achat] concerne le prix, en neuf comme en usagé, et ce, pour plus des deux tiers des personnes rencontrées, lit-on. Le choix, à la fois du lieu d’achat et parfois du livre acheté, est ainsi corrélé au coût. La régularité des bas prix dans certains points de vente explique également leur fréquentation plus régulière, particulièrement pour les sites de vente en ligne chez les usagers de ce service. » Aussi, « la majorité des répondants qui s’expriment sur le prix du livre numérique le considèrent trop élevé, certains soulignant privilégier les livres numériques gratuits ». Ne suffit-il pas, de là, de faire un pas pour imaginer l’avantage d’un prix unique et, pourquoi pas, une réglementation des façons de faire des géants en ligne pour favoriser le marché d’ici ?

     

    Et pour cette raison, entre autres, les bibliothèques sont chères aux lecteurs. Et il semble qu’on les utilise davantage en vieillissant. « À partir de 46 ans, plus d’un tiers des répondants indique emprunter davantage qu’ils n’achètent. »

     

    Le côté pratico-pratique influe beaucoup sur le choix du lieu d’achat — physique ou en ligne ; on parle de proximité, de simplicité, de rapidité, et de la diversité de l’inventaire offert — ce dernier critère étant aussi un facteur majeur dans les choix de fréquentation.

     

    Le numérique ? Pas pour les jeunes.

     

    Les livres numériques et leur environnement restent méconnus, mais « c’est chez les 56-65 ans et les plus de 66 ans que le taux de lecture numérique est le plus élevé […] », et le côté pratique de cette lecture revient comme un avantage, même si « l’explication de la non-lecture au format numérique se trouve paradoxalement plus riche » que celle de sa lecture. Le livre numérique n’atteint pas la même importance que le papier, ni dans l’imaginaire ni dans les pratiques, et très peu de lecteurs soulignent les mérites de cette néo-lecture. Et en numérique, la gratuité est favorisée. Chez les plus jeunes, le livre est vu, de plus, comme une belle occasion de décrocher des écrans. « De manière générale cependant, la lecture numérique est assez marginale […]. Le numérique est perçu comme étant moins tangible, plus enclin à disparaître que le livre papier, ce qui justifie pour certains le recours à la gratuité. » Est-ce là que réside l’avenir du livre ?

     

    Des vagues et des ressacs

     

    « Ceux qui lisent le plus sont généralement des étudiants et des retraités, les personnes lisant le moins étant globalement des parents et des professionnels. » L’attachement au livre semble émerger dans la jeunesse — enfance ou adolescence —, propulsé par la famille et l’école. « Les 36-45 ans et 46-55 ans témoignent, en majorité, d’une baisse dans leurs lectures », apprend-on, et la retraite permet un retour du balancier, un engagement plus grand. Tous les lecteurs connaissent des variations dans leur goût de lire, mais les causes de ces vagues d’envie ou de fatigue semblent mystérieuses.

     

    L’étude a été réalisée à l’Institut national de la recherche scientifique par Christian Poirier, Sylvain Martet, Éveline Favretti et Coline Sénac. 232 personnes sur le territoire du Québec ont été rencontrées.


    Qui lit quoi ? Le roman prédomine chez plus des trois quarts des répondants, avec des intérêts pour la bande dessinée, les livres photo et les livres techniques spécialisées. « La précision des goûts concernant les genres et les thèmes s’effectue progressivement avec l’âge, » avance l’étude. Ainsi, la majorité des 18-25 ans lit en général des essais et des romans ; les 26-35 des romans, des essais et des polars ; les 33-45 ans des romans policiers, historiques et des biographies ; les 46-55 ans des livres de recette et des polars ; les 45-65 ans des romans et des polars ; et les 66 ans et plus des romans et des bios.
     













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