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    Lectures adolescentes

    Les voyages forment la jeunesse

    Des romans pour la route, de Montréal à Sydney en passant par la France et La Nouvelle-Orléans

    11 juin 2016 | Marie Fradette - Collaboratrice | Livres
    Sarah-Maude Beauchesne retrouve son héroïne Billie Fay.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Sarah-Maude Beauchesne retrouve son héroïne Billie Fay.
    Romans jeunesse
    Lèche-vitrines
    Sarah-Maude Beauchesne
    Hurtubise
    Montréal, 2016, 240 pages

    La belle rouge
    Anne Loyer
    Alice
    Bruxelles, 2015, 136 pages

    Gabrielle au bout du monde
    Édith Bourget
    Soulières
    Montréal, 2016, 160 pages


    Le journal du corsaire
    Jonathan Gaudet
    Hurtubise
    Montréal, 2016, 194 pages

    De Montréal à Sydney en passant par la France et La Nouvelle-Orléans, les personnages adolescents explorent le monde et le font découvrir aux lecteurs. Voici quelques romans jeunesse pour s’évader.


    Sarah-Maude Beauchesne, nouvelle coqueluche des lectrices adolescentes, signe avec Lèche-vitrines le deuxième titre de sa populaire série mettant en vedette Bille Fay. Après avoir vécu une première peine d’amour, la jeune fille de 18 ans déménage à Montréal, découvre la ville et tente d’éviter les garçons aux cheveux blonds.

     

    Si ce roman a l’apparence de ces séries roses dans lesquelles on s’entête à perpétuer les mêmes modèles typés, Beauchesne s’écarte de ces poncifs en nuançant le portrait de l’héroïne et en l’inscrivant dans un réel palpable et crédible. La souplesse de l’écriture, la cadence du style, le mélange bien dosé entre dialogues, échanges de courriels et narration nous portent sans effort jusqu’à la fin. D’ailleurs, le premier titre de la série, Coeur de slush, sera porté à l’écran sous peu.

     

    Avec La belle rouge, Anne Loyer nous convie à un tout autre univers, celui de Kader qui, depuis l’âge de sept ans, erre de familles d’accueil en centres pour jeunes délinquants. À 16 ans, la tête pleine de rage et de souffrance, il décide de fuir le centre qui l’héberge, révolté par ce qui l’entoure, fatigué d’entendre toujours les mêmes recommandations de son travailleur social. Sa course s’arrête devant un camion rouge, stationné, dans lequel il espère se reposer un moment. Une rencontre improbable a lieu entre ce rebelle et Marje, une routière marginale.

     

    Tout en roulant sur les routes de France, les deux personnages s’ouvrent peu à peu, brisent la coquille qui les maintenait dans le silence, découvrent cet Autre qui leur ressemble étrangement. La plume sensible de Loyer nous happe. Sa force d’évocation est remarquable ; elle parvient à rendre l’émotion enfouie au creux de ses personnages, la faisant vivre avec authenticité et naturel. Loyer a l’art de mettre en scène des adolescents écorchés, différents et bouleversés par la vie, avec un réalisme troublant. Une lecture saisissante.

     

    Pour Gabrielle, la vie est bien différente de celle de Kader. Ayant tout juste terminé le secondaire, elle a envie d’aventure. Elle travaille alors tout l’été puis part rejoindre son amie d’enfance en Australie. Pendant un an, elle apprend à connaître Sydney, le désert et la mer, la faune, la flore. Elle s’initie au surf et, surtout, découvre l’amour dans les bras de Francis. Avec Gabrielle au bout du monde, Édith Bourget remet en scène des personnages découverts dans ses recueils de poèmes — Autour de Gabrielle et Les saisons d’Henri —, mais ils ont maintenant grandi. L’écriture naturelle de Bourget mais aussi son expérience — son voyage en Australie lui a inspiré ce roman — permettent au lecteur de sentir réellement l’effet qu’a la nouveauté sur l’héroïne, la fébrilité des voyages, l’excitation devant la nouveauté. Si la débrouillardise de la jeune fille est parfois étonnante, la trame est bien menée et le style de Bourget, délesté ici d’envolées poétiques, est prenant.

     

    Enfin, autre temps, autre monde, avec Le journal du corsaire, Jonathan Gaudet explore l’univers de Jean Lafitte, célèbre corsaire réputé et craint dans La Nouvelle-Orléans du XIXe siècle. Ce personnage historique sert en fait de point de départ à une véritable chasse au trésor menant les personnages à retrouver un coffre légué de génération en génération depuis l’époque du fameux pirate.

     

    Ainsi, on se retrouve avec Antoine, orphelin, qui fait la rencontre de Jules et Sarah, avec qui il va reconstituer le fil de sa vie et découvrir sa généalogie. Le phrasé ample, le style accompli de l’auteur et le rythme du récit font indéniablement la force de ce roman. Le chassé-croisé entre les époques participe par ailleurs du suspens vécu. Et si quelques situations semblent tirées par les cheveux — on se croirait parfois dans un (mauvais) film américain —, l’essentiel du récit fonctionne très bien.

    Sarah-Maude Beauchesne retrouve son héroïne Billie Fay.
    Lèche-vitrines
    Sarah-Maude Beauchesne, Hurtubise, Montréal, 2016, 240 pages, «La belle rouge», Anne Loyer, Alice, Bruxelles, 2015, 136 pages, «Gabrielle au bout du monde», Édith Bourget, Soulières, Montréal, 2016, 160 pages, et «Le journal du corsaire», Jonathan Gaudet, Hurtubise, Montréal, 2016, 194 pages.












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