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    Un outil pour trouver des livres jeunesse sans sexisme

    26 février 2016 | Isabelle Porter à Québec | Livres
    Kaléidoscope regroupe des livres exempts de stéréotypes de genre.
    Photo: People Images Kaléidoscope regroupe des livres exempts de stéréotypes de genre.

    Le YWCA de Québec dévoilait jeudi la plateforme Web « Kaléidoscope », un répertoire de livres pour enfants sans contenu sexiste ou stéréotypé. Parmi les 800 livres que l’équipe a analysés, 200 respectaient ses critères.

     

    « Ça ne veut pas dire que les 600 restants étaient pleins de stéréotypes, mais des fois, il y en avait un peu », observe la coordonnatrice du projet, Catherine Plouffe Jetté. « On a quand même été agréablement surprises par le nombre de livres intéressants. »

     

    Ailleurs, « les rôles qui sont assignés aux garçons et aux filles sont souvent les mêmes », explique-t-elle. « Les garçons vont être dans des rôles de chevaliers, de conquête alors qu’encore aujourd’hui, dans plein de livres, les filles sont associées aux soins ».

     

    Dans plusieurs histoires analysées par son équipe, le personnage de l’enfant n’était pas prisonnier d’un carcan, mais ses parents l’étaient. « S’il y a quelqu’un qui fait la vaisselle, c’est très souvent la maman », poursuit-elle en soulignant que la démarche du YWCA se veut positive. « Au lieu de parler de ce qui n’est pas atteint, on voulait donner des exemples positifs. »

     

    La collection est présentée sur le site Kaléidoscope.quebec. On peut chercher des livres par groupe d’âge (0-4, 4-6, 6-9 et 9-12 ans), mais aussi par mots-clés et par sujet. De l’acceptation de soi aux handicaps en passant par le divorce, les parents et éducateurs peuvent ainsi faire des recherches par thème.

     

    De nombreux livres abordent ainsi les discriminations de front, comme l’Histoire de Julie qui avait une ombre de garçon ou encore J’ai deux papas qui s’aiment.

     

    On remarquera que des collections à succès comme Caillou ou Dora ne font pas partie du répertoire. Or ce n’est pas parce qu’elles posaient problème, précise Mme Plouffe Jetté. « Je ne pense pas qu’on les ait évalués. Notre liste n’est pas complète et il ne faut pas conclure qu’un livre est sexiste s’il n’est pas dans Kaléidoscope. »

     

    Elle ajoute que l’équipe a conçu l’outil à partir de listes de livres non stéréotypés glanés un peu partout, notamment dans des blogues. « On est [aussi] allés voir des éditeurs québécois peut-être un peu plus indépendants. »

     

    La Québécoise Fanny Britt, dont le livre Jeanne, le renard et moi figure au répertoire, participait d’ailleurs à l’annonce à titre de porte-parole, jeudi.

     

    Sinon, les suggestions sont bienvenues. « Il y a aussi un endroit où les gens peuvent nous faire des suggestions et, à quelques reprises durant l’année, on va mettre le site à jour avec de nouveaux livres. »

     

    Moins de livres ciblant les garçons

     

    Fait intéressant, l’exercice a montré qu’il y avait beaucoup moins de livres sans stéréotypes pour les garçons. « On a essayé d’aller dans les deux… J’ai l’impression que malheureusement, si on accepte qu’une fille joue beaucoup au camion, on accepte un peu moins que les garçons jouent à la poupée aujourd’hui. »

     

    Les stéréotypes ont repris beaucoup de place dans la littérature jeunesse, déplore la responsable du projet. « Les années 1980 ont été une belle époque. Les trucs étaient assez neutres et on ne genrait pas trop les choses. […] C’est sûr que ça ne date pas d’hier, mais depuis les années 2000, on va beaucoup offrir des trucs exclusivement pour les filles ou pour les garçons. On n’a qu’à regarder dans les magasins de jouets. Il y a une section pour les gars, une section pour les filles. »

     

    Existe-t-il d’autres répertoires de ce genre ? Le YWCA dit n’en avoir pas trouvé. « On a trouvé des listes qui ont été faites en France. […] Donc ça existait, mais pas au Québec, à notre connaissance. En plus, les listes faites en France ne comptaient aucun livre québécois. » Et les répertoires français recensaient des titres qui n’étaient pas nécessairement vendus ici.

     

    Tous les livres qui s’y trouvent sont distribués dans le réseau des bibliothèques de Québec, ce qui n’empêche pas les gens de l’extérieur de s’en servir, souligne-t-on. « Le projet a été développé à l’échelle de la région, mais comme c’est en ligne, n’importe qui à travers le Québec, même à travers la francophonie, peut se servir de Kaléiodoscope pour avoir des suggestions de lectures. »

     

    Pourquoi ce titre, d’ailleurs ? « Le kaléidoscope, c’est un jouet qui fait beaucoup appel à l’imaginaire et qui amène une infinité de possibilités, et c’est ce qu’on voulait présenter dans nos livres. Ça veut dire que les enfants peuvent devenir ce qu’ils veulent. »













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