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    Littérature française

    Invitation(s) à lire

    16 janvier 2016 | Guylaine Massoutre - Collaboratrice | Livres
    Nelly Kaprièlian
    Photo: J.F. Paza Grasset Nelly Kaprièlian

    Il y aura 476 nouveaux romans : 308 romans et nouvelles francophones, dont 73 premiers romans, et 168 traductions. Ajoutez-y polars, science-fiction, fantasy, essais, histoire et biographies. C’est une baisse de 13,3 %, selon Livres Hebdo.

     

    Si la rentrée d’automne 2015 était féminine (Angot, De Vigan, Nothomb), après les moments forts concernant l’islamisation (Enard, Sansal, Khadra, Houellebecq), les chouchous demeurent fortement masculins. L’institution se diversifie pourtant. Elle a choisi, par exemple, l'écrivain et professeur Alain Mabanckou, pour occuper la chaire de création littéraire au Collège de France en 2016.

     

    Côté librairie, en vedette, Édouard Louis (Histoire de la violence, Seuil) expose une nuit de Noël qu’il a vécue, qui vira au viol et à la folie meurtrière ; Camille Laurens (Celle que vous croyez, Gallimard) livre un jeu de miroirs à travers Internet ; Philippe Claudel (L’arbre du pays Toraja, Stock), en souvenir de son éditeur Jean-Marc Roberts, a écrit sur les rites du corps ; Jean Echenoz (Envoyée spéciale, Minuit) promet un faux polar, et Linda Lê (Roman, Bourgois), avec son double masculin, pose un geste symbolique.

     

    Les livres sont aussi des objets qu’expose la Bibliothèque nationale de France, à travers l’oeuvre d’Anselm Kiefer. Ce sont leurs cosmogonies, leurs mythes, leurs dialogues qu’on y célèbre. Voyez Olivier Rolin (Veracruz, chez Verdier), Marie Nimier (La plage) et sa tranche de vie féminine, onirique et forcément décalée ; Tahar Ben Jelloun (Le mariage de plaisir), Éric Fottorino (Trois jours avec Norman Jail) ou Jean-Marie Laclavetine (Et j’ai su que ce trésor était pour moi), quatre Gallimard. Quant au Haïtien René Depestre (Popa Singer, Zulma), il raconte la résistance d’une matrone à Papa Doc, c’est brillant.

     

    Dans l’actualité

     

    Bien des livres reviendront sur les actes terroristes survenus à Charlie Hebdo : essais, récits, hommages, témoignages. L’ex-juge anti-terroriste Marc Trévidic signe un premier roman, Ahlam (JC Lattès), sur ces fanatiques aux désirs qu’il a côtoyés. Comment l’essayiste Nicolas Grimaldi (Les nouveaux somnambules, Grasset) s’appuie sur les classiques de la littérature pour penser le terrorisme. À suivre. Quant au journaliste de Libération, Denis Robert (Mohicans, Julliard), il signe pour ses amis de Charlie.

     

    Jean Rouaud (Tout paradis n’est pas perdu, Grasset) chronique 2015, en lien avec la laïcité de 1905. Le truculent Jean d’Ormesson (Je dirai malgré tout que cette vie fut belle, Gallimard), à 90 ans, veut rectifier son image dans La Pléiade. Gérard Oberlé (Bonnes nouvelles de Chassignet, Grasset), amateur de paralittérature, de fous littéraires et de livres anciens, rendra la parole à Chassignet, poète réel de la Renaissance.

     

    Céline Curiol (Les vieux ne pleurent jamais, Actes Sud) se penche sur la vieillesse, appuyée par Louis-Ferdinand Céline ; très réussi, dit-on. Emmanuelle Richard (Pour la peau, L’Olivier) raconte l’amour à l’orée des 30 ans. Cécile Ladjali (Illettré, Actes Sud) explore l’illettrisme, soit deux millions de Français. Quant à Olivier Adam (La renverse, Flammarion), un drame de famille très médiatisé a retenu son attention.

     

    Décentrement

     

    Nous avons besoin d’histoire, « car il nous faut du repos, une halte pour reposer la conscience » afin de « sauver le temps de la frénésie du présent », a affirmé le médiéviste Patrick Boucheron, dans son discours inaugural au Collège de France, en décembre. Écrivains, historiens ou essayistes, ils savent que l’imagination sert la connaissance, la recherche, la politique, la vie psychique, et que la littérature offre un temps préalable à l’action.

     

    Chaque voix peut porter. Patrick Lapeyre (La splendeur dans l’herbe, P.O.L), Michka Assayas (Un autre monde, Rivages), Claude Arnaud (Je ne voulais pas être moi, Grasset), Olivia Rosenthal (Toutes les femmes sont des Aliens, Verticales), Marie Redonnet (La femme au colt 45, Le Tripode), Pierre Assouline, plume experte, Philippe Besson (Les passants de Lisbonne, Julliard) et Patrick Besson, à ne pas confondre, Nelly Kaprièlian (Veronica, Grasset) et Kéthévane Davrichewy (L’autre Joseph, Sabine Wespieser), Brigitte Kernel (Agatha Christie, le chapitre disparu, Flammarion), qui invente comment élucider le mystère de la vie propre à la romancière anglaise. Chinez.

     

    Certains se récapitulent. Ainsi, Martin Winckler (Abraham et fils), avec ses récits relatifs aux soins, sa vocation ; Olivier Cadiot (Histoire de la littérature récente) ; Emmanuel Carrère (Il est avantageux d’avoir où aller), et 25 ans de chroniques et de reportages, trois P.O.L ; Georges Picard (Le sage des bois, Corti), qui relit Thoreau ; Patrick Grainville (Le démon de la vie, Seuil) et Catherine Millot (Une vie avec Lacan, Gallimard), avec son pan d’autobiographie. Tous sont inscrits dans le temps et s’y réfèrent.

    Nelly Kaprièlian Marie Nimier Édouard Louis












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