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    Archéologie

    Les millénaires québécois

    Un bilan illustré des découvertes archéologiques

    5 décembre 2015 | Michel Lapierre - Collaborateur | Livres
    Archéologie
    Air Archéologie du Québec. Territoire et peuplement
    Sous la direction de Jean-Yves Pintal, Jean Provencher, Gisèle Piédalue
    Pointe-à-Callière et éditions de l’Homme
    Montréal, 2015, 216 pages

    Rien ne témoigne autant de la diversité culturelle et de la longue durée du Québec que l’archéologie. C’est la leçon que donne Air, livre richement illustré, qui, grâce au prisme de l’un des quatre éléments propres à la physique de l’Antiquité, fait redécouvrir le territoire et le peuplement. Des pointes de flèche datant de 12 000 ans jusqu’à l’épave d’un avion amphibie gisant depuis 1942 dans le golfe du Saint-Laurent, le Québec s’y réinvente, dans l’imaginaire.

     

    Une trentaine de spécialistes ont collaboré à l’ouvrage collectif publié sous la direction de Jean-Yves Pintal, Jean Provencher et Gisèle Piédalue. Ils montrent que, grâce à de multiples découvertes archéologiques depuis 1970, l’observation de l’anthropologue états-unien Frank G. Speck (1881-1950), grand connaisseur des Amérindiens du Nord-Est, n’est plus pertinente : « Nul territoire aussi vaste du continent américain ne demeure si peu connu. »

     

    Racines

     

    Cartes géographiques, photos d’artefacts, impressionnantes vues aériennes de portions de territoire accompagnent des tableaux chronologiques détaillés. La mise au jour de près de 10 000 sites d’occupation ancienne, l’étude de la lente migration commencée il y a 15 000 ans, depuis le détroit de Béring séparant l’Asie de l’Alaska jusqu’à l’espace laurentien, permettent à Pintal d’affirmer magnifiquement : « Le Québec est l’ultime frontière de la longue marche autochtone. »

     

    Près du lac Mistassini, les Cris firent d’une caverne de la colline Blanche, formée de quartzite, un lieu sacré qu’inspirés par eux les explorateurs en Nouvelle-France appelleront « maison du Grand Esprit ». De saisissantes photos en évoquent la magie qui semble relier les millénaires de la présence amérindienne à celle des nouveaux venus dont les racines plongent au-delà de l’Atlantique pour aller se mêler ici à des racines tout aussi antiques.

     

    L’image d’une reconstitution d’un site iroquoien du Saint-Laurent s’harmonise naturellement avec celles des fouilles archéologiques du site Cartier-Roberval, découvert en 2005 à Cap-Rouge, où s’ébaucha la première colonie française en Amérique entre 1541 et 1543. S’y ajoutent les vestiges exhumés de la seconde habitation de Champlain à Québec, dont l’aménagement commença en 1620, et ceux du site, à Pointe-à-Callière, de la fondation de Montréal en 1642.

     

    La mise au jour, entre 2010 et 2013, des ruines du parlement du Canada-Uni, incendié à Montréal en 1849 par des Britanniques qui s’élevaient contre le dédommagement par l’État des victimes des répressions de 1837 et de 1838, rappelle que la coexistence des cultures a donné lieu à des heurts. Cependant, la belle photo en couleurs d’une tourte empaillée, vestige d’une espèce disparue qui, par ses volées très denses, obscurcissait le ciel, évoque la longue durée « pacifiante » du Québec.

    Air Archéologie du Québec. Territoire et peuplement
    Sous la direction de Jean-Yves Pintal, Jean Provencher, Gisèle Piédalue, Pointe-à-Callière et éditions de l’Homme, Montréal, 2015, 216 pages












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