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    La littérature a sa maison à Québec

    8 octobre 2015 |Caroline Montpetit | Livres
    La Maison de la littérature ouvre en effet ses portes dans l’édifice de style néogothique d’une ancienne église méthodiste du Vieux-Québec.
    Photo: Maison de la littérature La Maison de la littérature ouvre en effet ses portes dans l’édifice de style néogothique d’une ancienne église méthodiste du Vieux-Québec.

    À partir d’aujourd’hui, la littérature québécoise aura sa maison à Québec. La Maison de la littérature ouvre en effet ses portes dans l’édifice de style néogothique d’une ancienne église méthodiste du Vieux-Québec, après plus de 15 ans de travaux. L’édifice de trois étages, qui a longtemps abrité la salle de l’Institut canadien de Québec, servira désormais de lieu de rencontres et de création, et comptera une bibliothèque dédiée à la littérature québécoise et une salle d’exposition. Déjà, un groupe de bédéistes, La shop de Bulles, y a installé ses studios de création. L’artiste français François Matton y poursuit quant à lui une résidence.

     

    C’est l’Institut canadien de Québec, qui existe depuis 1848, et qui a pignon sur rue précisément à cet endroit depuis les années 1940, qui est à l’origine de ce projet. Il a aussi lancé en 2010 le festival de littérature Québec en toutes lettres, qui débute également ce jeudi.

     

    La rénovation de l’église, ainsi que son agrandissement pour correspondre aux objectifs de la maison, aura coûté 15 millions de dollars. Le budget annuel de la maison sera quant à lui de 1 million.

     

    Le poids du réseau

     

    Ce projet n’aurait jamais pu voir le jour sans « le poids » du réseau de bibliothèques de Québec. « On le comprend quand on voit les difficultés du projet de Maison de la poésie à Montréal », dit le nouveau directeur de la Maison de la littérature, qui est aussi le directeur de Québec en toutes lettres, Bernard Gilbert. L’Institut canadien chapeaute d’ailleurs aussi l’ensemble des 25 bibliothèques publiques de la ville de Québec.

     

    « C’est un projet énorme que cette Maison de la littérature, poursuit Bernard Gilbert. On a même un chercheur français qui est venu nous voir pour quelques jours, parce qu’il avait entendu parler du projet. » La maison, dit-il, sera à la fois un lieu de recherche et de développement en littérature et en arts littéraire, et un lieu de passage pour les écrivains professionnels. On y convie aussi la population, qui sera invitée entre autres à y suivre des ateliers d’écriture, du roman historique à la chanson.

     

    « Selon moi, cela va avoir un impact majeur sur le milieu de la littérature, à Québec en tout cas », ajoute M. Gilbert.

     

    Pour marquer le coup, la nouvelle Maison de la littérature tient des portes ouvertes ce week-end, et propose un parcours littéraire, qui mènera des jardins de l’hôtel de ville de Québec à la nouvelle Maison, à travers le Vieux-Québec.

     

    Quatre-vingts écrivains et artistes participeront à ce « parcours déambulatoire Volatil », sous la direction de Nancy Bernier. On y visitera successivement le roman, la chanson, la poésie, la littérature jeunesse, le cinéma et la bande dessinée. Quatre romanciers, Chrystine Brouillet, Louise Dupré, François Blais et Francine Ruel, ont pondu pour l’occasion un récit à huit mains. Des bédéistes feront une oeuvre en direct, qui sera projetée par vidéo sur le mur de la nouvelle Maison. Des poésies improvisées seront déclamées par des comédiens.

     

    Démocratisation de la culture

     

    L’Institut canadien de Québec a été fondé quatre ans après celui de Montréal, soit en 1848. Sa mission était, et est encore, la démocratisation du savoir et de la culture. Alors que l’Institut canadien de Montréal a disparu en 1870 après avoir mené une guerre contre le clergé pour avoir mis des livres à l’index, celui de Québec a survécu.

     

    « C’est un peu ce qui a sauvé l’Institut, d’être moins radical que celui de Montréal, raconte Bernard Gilbert. Et ce qui a fait sa force à travers le XXe siècle est le développement de cette expertise. »

     

    En 1940, le temple Wesley, qui avait autrefois abrité une église méthodiste, est donné par un sénateur à la Ville de Québec, qui le cède ensuite à l’Institut en 1944. De 1960 à 1990, sa salle de spectacle est l’une des plus fréquentées de Québec. Robert Lepage y présente entre autres sa première pièce, Vinci. Au rez-de-chaussée, on peut alors fréquenter la bibliothèque du Vieux-Québec.

     

    En 1990, la salle de spectacle, considérée comme vétuste, ferme ses portes. C’est à ce moment que le projet de faire une maison de la littérature germe au sein de l’Institut canadien. Si l’édifice est classé patrimonial, l’Institut vient d’y ajouter une partie très moderne dans l’ancien stationnement. Le tout est signé Chevalier Morales architectes.

     

    La Bibliothèque de la Maison de la littérature compte quelque 25 000 documents et sera ouverte au public six jours sur sept.













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