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    Édition

    Tous pour la loi 51

    24 septembre 2015 |Catherine Lalonde | Livres
    C’est le manque d’informations sur le marché du livre, et tout particulièrement sur les ventes de livres numériques, qui devient le dossier brûlant chez les éditeurs.
    Photo: ANEL C’est le manque d’informations sur le marché du livre, et tout particulièrement sur les ventes de livres numériques, qui devient le dossier brûlant chez les éditeurs.

    Après des années de discussions parfois âpres sur la nécessité ou de la désuétude de la loi 51 sur le livre, les éditeurs québécois sont revenus à un consensus quant au caractère indispensable de cette règle provinciale, qui protège toute la chaîne du livre. Une des préoccupations parmi celles qui ont fusé lors de la dernière assemblée générale de l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL). Survol.

     

    « C’est vrai qu’au moment de la Commission parlementaire sur le prix du livre neuf [instaurée par Maka Kotto en 2013], l’Association était divisée, presque au couteau, entre ceux qui étaient pour et contre la loi 51 », s’est remémoré en entrevue téléphonique Richard Prieur, directeur général de l’ANEL. « On manquait peut-être alors de réflexion sur le numérique. Depuis, en négociant avec BiblioPresto pour fixer les critères d’acquisition des livres pour les bibliothèques, on a réalisé que si on n’était pas protégé par la loi 51, on se retrouvait dans une posture de collusion, en infraction avec la Loi fédérale sur la concurrence quand on voulait protéger la chaîne. »

     

    L’évolution de la réflexion a permis « un consensus à ne pas rouvrir la loi 51, qui transpire des discussions qu’on a eues », a précisé le directeur. L’inclusion du numérique à la loi semble moins prioritaire qu’il y a quelques années. C’est le manque d’informations sur le marché du livre, et tout particulièrement sur les ventes de livres numériques qui devient du coup le dossier brûlant. Entre autres parce que ces informations aideraient à comprendre et définir le livre numérique.

     

    La quincaillerie

     

    « Ce qui est capital dans le milieu et qu’on n’a pas, présentement, c’est l’intelligence, au sens anglais du terme : l’information. L’Observatoire de la culture et des communications du Québec ne donne que du macro [un portrait général des ventes de livres au Québec], le palmarès Gaspard, des données à la caisse, et comme toutes les librairies ne sont pas abonnées à Gaspard, le portrait est très incomplet. On n’a aucune idée présentement, par exemple, d’où s’en va le livre numérique. »

     

    Pas de chiffres sur sa pénétration du marché, sur la pénétration des livres numériques de langue anglaise ici. « On commence à voir que les livres numériques européens percent beaucoup en bibliothèque. On sait que le gros des ventes grand public est fait par les revendeurs Kobo, Apple, Amazon, qui ne divulguent aucune donnée. Est-ce que l’avenir du livre numérique sera par abonnements, par téléchargements, en streaming, vendu par bouquets ? » Il faudrait avoir les moyens de connaître le présent, en quelque sorte, pour imaginer l’avenir du livre numérique d’ici. Et la tendance des organismes subventionnaires semble davantage de diriger de plus en plus l’argent vers les technologies, « vers la quincaillerie plutôt que vers le contenu », déplore Richard Prieur.

     

    Lors de leur assemblée, les éditeurs ont aussi nommé une nouvelle problématique de promotion. « Il y a une culture de la gratuité qui fait que de plus en plus de gens de la chaîne du livre demandent des livres gratuits. C’est normal d’offrir des exemplaires aux médias et pour participer aux concours, mais maintenant les demandes viennent des profs, des libraires, des salons du livre », a indiqué M. Prieur. Un trait d’époque ?













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