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    Littérature

    Les maisons de papier du FIL

    24 septembre 2015 |Caroline Montpetit | Livres
    Les livres nous suivent et nous quittent. Où va donc ce patrimoine ?
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Les livres nous suivent et nous quittent. Où va donc ce patrimoine ?

    Elles se sont bâties peu à peu, jusqu’à occuper des murs entiers de nos vies. Certains doivent construire des annexes à leur maison pour abriter leur volumineuse bibliothèque. Au fil des ans et des déménagements pourtant, les livres nous suivent et nous quittent. Où va donc ce patrimoine ?

     

    La question obsède depuis longtemps Michelle Corbeil, directrice du Festival international de littérature (FIL) de Montréal. Elle a choisi d’en faire le thème d’un café philosophique de son festival, mais aussi du spectacle Le paradis n’est-il pas une bibliothèque ?, qui jongle avec les bibliothèques cachées dans les oeuvres d’auteurs, de Jules Verne à Réjean Ducharme.

     

    Visites

     

    Dans une mise en scène de Catherine Vidal, les interprètes Marc Béland, Renaud Lacelle-Bourdon, Simon Lacroix, Marie-Ève Pelletier et Dominique Quesnel visiteront aussi les bibliothèques de Georges Perec, de Montaigne ou d’Alberto Manguel et de Michel Tremblay. Dans Un ange cornu avec des ailes de tôle, ce dernier raconte comment il a un jour traversé la rue tout seul, au grand désarroi de sa mère, pour se rendre à la bibliothèque que sa grand-mère fréquentait.

     

    « Être bibliothécaire n’a rien de valorisant, je vous le dis : c’est proche de la condition d’ouvrier. Sachez-le, pour être bibliothécaire, écrit pour sa part Sophie Divry dans son livre La cote 400, il faut aimer l’idée de classement et être quelqu’un d’obéissant. Aucune initiative, aucune place pour l’imprévu : ici, tout est en ordre, infailliblement en ordre ! »

     

    Georges Perec, lui, ne s’encombre pourtant pas de tels diktats. Il le montre bien dans son livre Penser, classer, dont un extrait sera lu en spectacle. « [Les livres], je les promène d’une pièce à l’autre, d’une étagère à l’autre, d’une pile à l’autre, et il m’arrive de passer trois heures à chercher un livre sans le trouver, mais en ayant parfois la satisfaction d’en découvrir six ou sept autres qui font tout aussi bien l’affaire ! » écrit-il.

     

    Y croire

     

    Les comédiens, pour leur part, ont été choisis pour leur tête de l’emploi. Leur amour des livres, il fallait qu’on y croie, explique Catherine Vidal. « Les artistes devaient avoir un petit côté nerd, dit-elle. Après avoir cherché les bibliothèques dans les livres, Michelle Corbeil et Catherine Vidal en ont aussi cherché dans les films, dont les extraits seront projetés à l’écran. On pourra donc voir Audrey Hepburn se réfugier dans une bibliothèque, dans Breakfast at Tiffany’s, ou les anges des Ailes du désir s’installer dans la bibliothèque d’État de Berlin.

     

    Le paradis n’est-il pas une bibliothèque ? est présenté ce vendredi, à la Grande Bibliothèque, qui célèbre par ailleurs ses 10 ans.

     

    Le lendemain, un café philosophique sur le thème de la bibliothèque se tiendra à 15 h à l’ARTVstudio, sous le thème « Devons-nous brûler nos livres ? », titre un brin provocateur que lui a donné Michelle Corbeil. L’idée lui en est venue à force de voir des gens, en plein déménagement, ne sachant plus que faire de leur bibliothèque, montée et acquise au fil de leur vie. « Qui a aujourd’hui le pouvoir de décider de ce qui demeure et de ce qui doit disparaître ? demande-t-elle. Ça amène toute la question de la mémoire », dit-elle en entrevue. Qu’adviendra-t-il, à l’heure du numérique, des journaux intimes, des correspondances par courriel, une fois les écrivains décédés ?

     

    Le café philosophique est animé par Marie-Christine Trottier et Michelle Corbeil, et est ouvert au grand public.

     

    Mais la directrice du FIL y a aussi invité différents acteurs du monde des livres, dont l’écrivain et critique littéraire Pierre Lepape — lui-même propriétaire d’une bibliothèque de 15 000 livres —, des éditeurs, des auteurs, et des libraires.













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