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    Dans les coulisses d’une mutation

    8 septembre 2015 |Fabien Deglise | Livres
    Photo: Les Éditions de la Pastèque
    Bande dessinée
    31 jours de tournage
    Cyril Doisneau, La Pastèque. Montréal, 2015, 72 pages

    La mise en abyme est redoutable. Alors que le réalisateur François Bouvier s’est activé pendant un mois à transformer une pièce majeure de la bande dessinée québécoise, Paul à Québec (La Pastèque) de Michel Rabagliati, en film, le dessinateur Cyril Doisneau, lui, a pris sa plume et ses crayons pour documenter par le dessin chaque instant de cette mutation, dans les coulisses du tournage. Le résultat, qui se dévoile sur plus de 60 planches lancées en marge de la sortie du film, s’intitule 31 jours de tournage (La Pastèque). Il résume en anecdotes parfois savoureuses la mise en chair et en os des aventures de Paul, tout en posant, sans doute, les assises d’une nouvelle vocation pour le jeune bédéiste.

     

    « J’ai adoré faire ça, lance-t-il au téléphone, à tel point que j’aimerais bien que le dessinateur de plateau devienne à l’avenir un véritable métier. »

     

    L’idée est loin d’être folle et affirmerait même sa pertinence dans cet assemblage de scènes que Doisneau a croquées sur les différents lieux de tournage. Ici, il évoque une « cascade », à la hauteur du récit simple livré par Rabagliati, soit la fermeture du capot d’une voiture, là, les éternuements intempestifs de la comédienne Julie Le Breton ou encore le trucage derrière un feu de camp très authentique à l’écran et au bord duquel des comédiens vont finir par geler entre le tournage de deux scènes.

     

    « Mon intégration dans l’équipe s’est très bien passée », admet le dessinateur, que les artisans de l’adaptation de Paul au grand écran appelaient affectueusement Monsieur Pastèque. « Par le dessin, on est en mesure d’aller chercher de la sensibilité, de l’humour, du détail que les vidéos relatant le making of d’une production, celles qui se retrouvent dans les extras d’un DVD et que plus personne ne regarde, n’arrivent certainement pas à atteindre. »

     

    La bande dessinée comme témoin d’un présent en construction ? Le phénomène est en ascension, pas seulement dans le monde du cinéma. Il permet également de poser un regard critique sur les choses, en soulignant, à titre d’exemple, des aberrations — comme la surconsommation de bouteilles d’eau sur un tournage —, que d’autres modes de représentation ne permettent pas toujours. « Le dessin, c’est communicatif, dit Doisneau. À la fin de chaque journée de tournage, les gens venaient me voir pour regarder ce que j’avais dessiné. Et comme c’est du dessin, les gens sont moins craintifs, alors on peut en raconter plus » sur cette appropriation, historique au Québec, du 9e art par le 7e, en laissant le crayon et la ligne claire raconter comment des comédiens ont, pendant 31 jours, tout fait pour aller au-delà des contours dessinés de leurs personnages. Mise en abyme redoutable, disait-on…

    31 jours de tournage
    Cyril Doisneau, La Pastèque, Montréal, 2015, 72 pages












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