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    Les éditions Nota bene rachètent Triptyque

    4 septembre 2015 |Catherine Lalonde | Livres
    Le directeur de Triptyque, Robert Giroux, et le directeur général de Nota bene, Guy Champagne
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Le directeur de Triptyque, Robert Giroux, et le directeur général de Nota bene, Guy Champagne

    Le groupe Nota bene, qui rassemblait déjà les éditions Nota bene, Varia et Le lézard amoureux, fait l’acquisition des éditions Triptyque. La revue de création littéraire Moebius, membre de Triptyque, fait également partie de la transaction. Les cahiers littéraires Contre-jour rejoignent aussi le regroupement.

     

    Si la transaction marque un regroupement éditorial, elle signe aussi la formation d’une équipe multigénérationnelle. Guy Champagne, directeur général de Nota bene, prendra sa retraite dans les prochaines années : cinq éditeurs de deux générations commencent d’ores et déjà à prendre sa relève.

     

    Le philosophe et psychanalyste Nicolas Lévesque (40 ans) et le romancier Étienne Beaulieu (40 ans) assureront la direction de Nota bene, spécialisée en essais littéraires et de sciences humaines et sociales, ainsi que de Varia, où se déploient des essais sur le patrimoine, les arts visuels, la musique, le cinéma, le théâtre et la danse, et peut-être des beaux livres à venir.

     

    Le directeur de Triptyque, Robert Giroux, restera en poste le temps de la transition, jusqu’en mai, mais l’édition est reprise déjà par la poète Roxane Desjardins (24 ans) et, pour le roman, Jean-Michel Théroux (27 ans). La maison de poésie Le lézard amoureux devient une division de Triptyque.

     

    Tous âges unis

     

    Pourquoi ces jeunes têtes se lancent-elles en édition, alors que les ventes de livres, depuis quelques années, ne cessent de baisser ? « Pour tenter de préserver des espaces de liberté, a expliqué au Devoir Nicolas Lévesque, ces espaces qui sont littéralement les conditions de possibilité d’une culture. On espère en inspirer d’autres, qui protégeront d’autres espaces sacrés. » Lévesque, fils du philosophe Claude Lévesque, ne cache pas son attachement à l’essai, et sa crainte de voir ses expressions se réduire.

     

    « Un groupe éditorial nous paraissait mieux en mesure de résister aux temps difficiles et aux pressions du marché, poursuit celui qui a signé par ailleurs Le peuple et l’opium (Nota bene, 2015) et Le Québec vers l’âge adulte (Nota bene, 2012). Le but est de garder une indépendance d’esprit, un catalogue dicté davantage par la qualité des idées et de l’écriture que par les tendances de rentabilité de l’industrie du livre. L’idée est aussi de bâtir un sentiment de communauté qui s’est perdu dans un milieu qui, à force de coupes, a adopté malgré lui une certaine mentalité de rivalité. En impliquant tout de suite trois générations, nous espérons entretenir une espèce d’alliance qui va au-delà de nous. »

     

    Les éditions Triptyque ont été fondées en 1977 par Pierre DesRuisseaux, Raymond Martin et Guy Melançon. La revue Moebius est apparue en 1980, et a publié plus de 145 numéros. Le catalogue de Triptyque compte quelque 800 titres, dont les premiers livres de Marie-Christine Arbour, Mathieu Arsenault, Joël Des Rosiers, Patrick Nicol, Maxime Olivier Moutier et Marie-Hélène Poitras, entre autres. Robert Giroux assurait la direction depuis 1980.

     

    Les éditions Nota bene sont nées dans la foulée de la revue Nuit Blanche en 1988, pensées par Anne-Marie Guérineau et Denis LeBrun. Guy Champagne, d’abord directeur littéraire, en devient p.-d.g. en 1988. En 2010, Nota bene achète Varia. Avec l’achat de Triptyque, on parlera désormais de Groupe Nota bene. Champagne restera dans la boîte. « Je vais avoir 66 ans, j’ai encore ben de l’énergie, mais il y a un paquet d’affaires que ça ne me tente plus de faire. Je vais être là pour montrer les rouages, donner des trucs. Je reste comme mentor — en espérant que je vais réussir à ne pas faire ma belle-mère. Je vais continuer à être l’éditeur de certains auteurs qui le demandent, mais ce n’est plus moi qui prends les décisions finales. J’ai choisi ces gens-là, ces jeunes-là, dans l’esprit de Nota bene, afin qu’ils poussent cet esprit-là encore plus loin, et qu’ils le modernisent. »













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