Art - Les mots au fond de l'image
Au départ, vous avez ces superbes photographies d'Angela Grauerholz représentant des maisons vides, des fenêtres ouvertes, des escaliers qui ne finissent jamais. C'est alors que se pointe Andrée A. Michaud avec sa prose haletante, tirant des mots dans le silence sans pour autant briser l'impression étrange du départ. À l'ouvrage on a donné le nom de Projections...
Spécialisée en photographie actuelle, la maison d'édition J'ai Vu dit «chercher à encourager la réflexion et les discours sur la photographie». Créée en 1999 par l'équipe de la galerie Vu au centre d'art Méduse de Québec, J'ai Vu s'est déjà penchée sur les rapports entre photographie et médecine ou encore sur le thème des paysages industriels. La prochaine publication portera quant à elle sur l'autoportrait. Avec Projections, le commentaire de l'écrivain sur les images permet de réfléchir à la force d'évocation de la photographie sans sombrer dans des réflexions hermétiques de spécialistes. Cet effort mérite d'être salué.
Il faut aussi mentionner la beauté de ce «beau livre» et la grande cohérence qui s'en dégage. Les univers de Grauerholz et de Michaud ont beaucoup en commun. Dans les images mélancoliques de l'une, on retrouve la nostalgie évoquée dans les textes de l'autre. Les photographies de l'artiste montréalaise dépeignent des lieux où le temps semble suspendu. De ces intérieurs de maisons vides et de ces paysages flous ressort une certaine tension qui n'est pas sans rappeler celle qu'on ressent tout au long du roman Le Ravissement d'Andrée A. Michaud.
Mais curieusement, cette dernière a choisi de s'en remettre au cinéma pour interpréter les images de Grauerholz. Ici, elle voit une scène de Vertigo d'Hitchcock; là, les comédiens de Mort à Venise. Certes, Andrée A. Michaud tire de très beaux textes de ses inspirations du 7e art, mais cela éclaire peu la photographie. Chaque référence commune à un film fixe l'identité de la photo au lieu d'ouvrir des zones de création nouvelles. Dans cet escalier profond qui aurait pu déboucher sur mille histoires, on ne voit plus que James Stewart et ses vertiges et c'est dommage en ce qui a trait à la recherche. Ce qui n'empêchera pas les lecteurs de photographies de parcourir ce bel ouvrage avec grand plaisir, quitte à y trouver une invitation à revoir les grands classiques du 7e art pour y chercher une part de ces projections...
Spécialisée en photographie actuelle, la maison d'édition J'ai Vu dit «chercher à encourager la réflexion et les discours sur la photographie». Créée en 1999 par l'équipe de la galerie Vu au centre d'art Méduse de Québec, J'ai Vu s'est déjà penchée sur les rapports entre photographie et médecine ou encore sur le thème des paysages industriels. La prochaine publication portera quant à elle sur l'autoportrait. Avec Projections, le commentaire de l'écrivain sur les images permet de réfléchir à la force d'évocation de la photographie sans sombrer dans des réflexions hermétiques de spécialistes. Cet effort mérite d'être salué.
Il faut aussi mentionner la beauté de ce «beau livre» et la grande cohérence qui s'en dégage. Les univers de Grauerholz et de Michaud ont beaucoup en commun. Dans les images mélancoliques de l'une, on retrouve la nostalgie évoquée dans les textes de l'autre. Les photographies de l'artiste montréalaise dépeignent des lieux où le temps semble suspendu. De ces intérieurs de maisons vides et de ces paysages flous ressort une certaine tension qui n'est pas sans rappeler celle qu'on ressent tout au long du roman Le Ravissement d'Andrée A. Michaud.
Mais curieusement, cette dernière a choisi de s'en remettre au cinéma pour interpréter les images de Grauerholz. Ici, elle voit une scène de Vertigo d'Hitchcock; là, les comédiens de Mort à Venise. Certes, Andrée A. Michaud tire de très beaux textes de ses inspirations du 7e art, mais cela éclaire peu la photographie. Chaque référence commune à un film fixe l'identité de la photo au lieu d'ouvrir des zones de création nouvelles. Dans cet escalier profond qui aurait pu déboucher sur mille histoires, on ne voit plus que James Stewart et ses vertiges et c'est dommage en ce qui a trait à la recherche. Ce qui n'empêchera pas les lecteurs de photographies de parcourir ce bel ouvrage avec grand plaisir, quitte à y trouver une invitation à revoir les grands classiques du 7e art pour y chercher une part de ces projections...
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