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    Dimedia – Renaud-Bray

    Le silence a assez duré

    20 novembre 2014 | Texte collectif* | Livres
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir

    Depuis avril dernier, un conflit commercial entre la chaîne de librairies Renaud-Bray et le distributeur Dimedia prive les lecteurs habitués des magasins Renaud-Bray d’un pan immense de la littérature québécoise. Alors que le livre est en fête à l’approche du Salon du livre de Montréal et de la période de Noël où de nombreux Québécois voudront s’offrir la lecture d’ici en cadeau, c’est la production de 48 maisons d’édition québécoises distribuées et diffusées par Dimedia qui ne trouve pas sa place dans les magasins de la chaîne. Et cela fera plusieurs mois que Renaud-Bray n’a pas payé au distributeur les livres vendus depuis le début de l’année.

     

    Écrivains, éditeurs, distributeurs et libraires en appellent aujourd’hui à la responsabilité culturelle de Renaud-Bray pour résoudre un conflit qui a assez duré et dans lequel tout le monde est perdant.

     

    Depuis le début du conflit, Dimedia a mis en vente plus de 3600 nouveaux titres et offre aux librairies plus de 120 000 titres. Vous avez entendu parler du livre d’Alain Saulnier, Ici était Radio-Canada (Boréal), de Révolutions de Nicolas Dickner et Dominique Fortier (Alto), de Libres d’apprendre de Gabriel Nadeau-Dubois (Écosociété), de Pas envie d’être arabe de Rima Elkouri (Somme toute), de L’angoisse du poisson rouge de Mélissa Verreault (La Peuplade) ou de Métier critique de Catherine Voyer-Léger (Septentrion) ? Vous cherchez un livre de Dany Laferrière, d’Alain Farah, de Samuel Archibald, de Robert Lalonde, de Sophie Bienvenu, de Micheline Dumont, de Gabrielle Roy ou encore du lauréat du Grand Prix du livre de Montréal, Michael Delisle ? Vous voulez trouver les dernières parutions des éditeurs Anne-Marie Benoit, Alto, Boréal, Les 400 coups, Annika Parance éditeur, Art Le Sabord, Comme des Géants, Contre-jour, Coups de tête, Desputeaux+Aubin, Dramaturges éditeurs, Duchesne et du rêve, Écosociété, Les écrits, Estuaire, Fleurbec, Le Cheval d’août, La Grenouillère, Les Herbes Rouges, Les Heures bleues, L’inconvénient, L’instant même, Lévesque éditeur, Liber, Liberté, Mécanique générale, Mémoire d’encrier, Moebius, Les éditions du Noroît, L’Oie de Cravan, La Peuplade, Planète rebelle, Pleine Lune, Poètes de brousse, Pow Pow, Presses de Bars-d’Apic, Prise de parole, Le Quartanier, Recherches amérindiennes au Québec, Les éditions du Remue-ménage, Sémaphore, Septentrion, Somme toute, Ta mère, Tête première, Triptyque, Sarrazine et XYZ la revue de la nouvelle ? Dans les 32 points de vente de Renaud-Bray au Québec, vous ne trouverez tout simplement pas ces ouvrages, puisque la chaîne de librairies a raté la rentrée littéraire de tous ces éditeurs. Un trou dramatique pour les éditeurs et les auteurs d’ici, et surtout pour les lecteurs.

     

    Un objet à part

     

    Le livre reste un objet culturel qui est le fruit d’un long travail de création dans lequel auteur, éditeur, distributeur et libraire sont interreliés. Un livre n’est pas un bibelot, un parapluie, un set de table ou… une paire de souliers. Notre industrie fonctionne comme un écosystème fragile, mais essentiel. Et ce conflit commercial risque carrément de faire exploser cet écosystème.

     

    Nous avons la chance au Québec d’avoir une loi sur le livre structurante et les maillons qu’elle a permis de consolider, les distributeurs et les libraires, sont cruciaux pour offrir une diversité de points de vente et de production littéraire. Les 48 éditeurs de Dimedia ne voudraient pas demain matin avoir à négocier directement avec un revendeur. Tout comme les libraires ne voudraient pas avoir à traiter avec des centaines d’éditeurs différents pour leurs commandes et savent bien l’importance du rôle du distributeur.

     

    Le silence a assez duré. Il est temps pour Renaud-Bray et Dimedia de se rasseoir à la table et de mettre fin à un conflit où la culture et la littérature sont les deux grandes perdantes.
     

    *Union des écrivaines et des écrivains du Québec (UNEQ), Association nationale des éditeurs de livres (ANEL), Association des distributeurs exclusifs de livres en langue française (ADELF), Association des libraires du Québec (ALQ), Association des bibliothèques publiques du Québec (ABPQ), Caroline Allard, Samuel Archibald, Robin Aubert, Normand Baillargeon, Etienne Beaulieu, Eric Bedart, Renald Bérubé, Sophie Bienvenu, France Boisvert, Véronique Bosse, Jean-François Casabonne, Dominic Champagne, Marie Clark, Esther Croft, Richard Dallaire, Martine Delvaux, Alain Deneault, Jean-Simon DesRochers, Nicolas Dickner, Danielle Dussault, Christine Eddie, Michel Faubert, Martin Forgues, Jacques Godbout, Alain Farah, Karoline Georges, Brigitte Haentjens, Louis-Philippe Hébert, Lise Lachance, Robert Lalonde, Bertrand Laverdure, Joanie Lemieux, Catherine Leroux, Ianik Marcil, Serge Mongeau, Marcel Moussette, Christian Nadeau, Christine O'Doherty, Jean-Marc Piotte, Marie Hélène Poitras, Daniel Poliquin, Nadine Robert, Pierre Samson, Alain Saulnier, Michel Seymour, Maurice Soudeyns, Larry Tremblay, Hélène Vachon, Denis Vaugeois, Michel Vézina et Laure Waridel.













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