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Foire internationale du livre de Guadalajara - Mexique-Québec: une fraternité de culture

Caroline Montpetit   4 décembre 2003  Livres
L’écrivain Guillaume Vigneault, qui fréquente le Mexique depuis un certain temps, coprésidera demain un marathon d’écriture à la Foire internationale de Guadalajara.
Photo : Jacques Grenier
L’écrivain Guillaume Vigneault, qui fréquente le Mexique depuis un certain temps, coprésidera demain un marathon d’écriture à la Foire internationale de Guadalajara.
Guillaume Vigneault fréquente le Mexique depuis un certain temps, puisque ses parents y ont acheté une maison il y a quelques années. Mais la Foire internationale du livre de Guadalajara lui permettra peut-être aussi d'y laisser sa marque comme auteur, lui dont les deux romans n'ont pas encore été traduits en espagnol. Au moment de notre rencontre à son hôtel de Mendoza, à Guadalajara, une traduction faisait l'objet de négociations avec des éditeurs mexicains.

En attendant, Guillaume Vigneault donnait cette semaine au Mexique, avec Claude Beausoleil, une conférence sur la littérature québécoise. Et demain, il coprésidera le marathon d'écriture, auquel sont inscrits douze étudiants québécois et douze étudiants étrangers, qui seront parrainés par six écrivains, dont, du Québec, Stanley Péan, Dominique Demers et Guillaume Vigneault.

«Les journalistes mexicains me trouvent jeune pour avoir écrit deux romans» constate-t-il, lui qui s'est désormais taillé sa propre place aux côtés de son père Gilles. Il arrive même, dit-il, que, lorsqu'il dîne avec son père au restaurant, ce soit à lui que l'on demande désormais des autographes!

Le marathon d'écriture, qui se déroulera sans arrêt durant 24 heures à partir de demain, réunira plusieurs ateliers sur des thèmes différents. Stanley Péan y proposera probablement un cadavre exquis, auquel travailleront ensemble les étudiants mexicains et québécois. Guillaume Vigneault songe quant à lui à proposer la première phrase d'un classique, sur laquelle les étudiants seront invités à broder, ou encore à leur suggérer de reprendre un texte écrit, mais à travers les yeux d'un autre personnage.

Les échanges commerciaux et culturels poursuivent donc leur cours à la Foire internationale du livre de Guadalajara, où le Québec est l'invité d'honneur.

Hier, c'était au tour de Robert Lalonde, qui participait à une conférence de presse avec des écrivains québécois, de rappeler les ressemblances entre les Québécois et les Mexicains, deux peuples colonisés par des nations européennes.

Comme les Mexicains, les Québécois ont été trop longtemps dépendants d'un pays d'Europe, la France, pour la reconnaissance de leur littérature. Or, constate Robert Lalonde, les traductions du québécois vers l'espagnol se font au Mexique plus rapidement que les adaptations d'oeuvres québécoises en France. Dans ce contexte, a dit l'écrivain, il est tragique que les deux nations, soit le Québec et le Mexique, n'aient pas entretenu de rapports plus fraternels dans le passé.

Stanley Péan, qui participait quant à lui à une conférence sur l'hégémonie de l'anglais en Amérique, a expliqué aux Mexicains la situation particulièrement fragile du français en Amérique. C'est cette situation, a-t-il expliqué, qui justifie la présence d'une législation québécoise protégeant le français.

La Foire internationale du livre de Guadalajara comptait aussi sur la présence prestigieuse du célèbre juge espagnol Baltasar Garzon, celui-là même qui avait fait arrêter le dictateur chilien Augusto Pinochet, et qui a demandé un mandat d'arrêt contre Oussama ben Laden.

En conférence de presse, le juge a fait valoir que la situation des droits de l'homme s'améliorait dans le monde, si l'on considérait les abus dont ont été témoins l'Argentine, le Chili ou le Mexique, dans les années soixante-dix et quatre-vingt, mais qu'il manquait toujours un soutien judiciaire adéquat pour les résoudre.

Mardi soir, c'était au tour de la divine jeune Jorane, accompagnée d'un orchestre, de représenter le Québec sur la scène extérieure de la Foire, avec son violoncelle, sa fougue et ses longs cheveux.
 
 
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