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    Bibliothèque et Archives nationales du Québec

    «Institution de mémoire» n’implique pas passéisme

    BAnQ est aujourd’hui la plus grande institution culturelle du Québec, malgré une baisse de 12 % de notre budget de fonctionnement depuis juin 2009

    14 juin 2014 | Guy Berthiaume - L’auteur quittera le 21 juin son poste de président-directeur général de Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Le 23 juin, il prendra la direction de Bibliothèque et Archives Canada. | Livres
    Nous avons voulu que la BAnQ soit un carrefour culturel.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Nous avons voulu que la BAnQ soit un carrefour culturel.

    Il y a tout juste cinq ans, je prenais les rênes de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), une institution formée par la fusion de la Grande Bibliothèque, de la Bibliothèque nationale du Québec et des Archives nationales du Québec. Forte de la diversité de ses missions et d’une fréquentation record, BAnQ est aujourd’hui la plus grande institution culturelle du Québec. Au terme de mon mandat, je crois utile de rappeler ma vision du rôle de BAnQ et d’évoquer le chemin parcouru au cours des cinq dernières années.

     

    Nous avons voulu, en premier lieu, que BAnQ soit un carrefour culturel. L’adoption de notre première Politique culturelle, en mars 2011, a lancé à nos partenaires du milieu un fort message d’ouverture. Nous avons accueilli l’Opéra de Montréal, l’Orchestre symphonique, le TNM, le Festival international de la poésie de Trois-Rivières, Metropolis Bleu, pour ne mentionner que quelques-uns de ceux qui voulaient venir à la rencontre de nouveaux publics. Sortant de notre zone de confort, nous avons consacré expositions et activités aux livres de la Renaissance, au philosophe Raymond Klibansky et aux mangas. Nous nous sommes assuré une présence médiatique constante grâce à la rediffusion de nos séries d’entretiens par Canal Savoir et Matv. Notre volonté de démocratisation a aussi été à la source de la série « La bibliothèque de… » qui m’a procuré le plaisir d’animer 25 rencontres avec des personnalités d’ici.

     

    L’ouverture aux nouveaux arrivants et aux communautés culturelles a aussi constitué l’un des chantiers majeurs des cinq dernières années. Prenant acte du fait que 22 % de nos usagers n’étaient pas de langue maternelle française ou anglaise, nous avons mis en place un Comité consultatif qui nous a guidés dans notre action. Une section de notre portail Web est maintenant destinée aux nouveaux arrivants ; les Amis de BAnQ, nos bénévoles et complices, ont organisé des groupes de conversation française dont le succès ne se dément pas ; grâce à l’appui du Groupe Banque TD nous offrons aux jeunes l’Heure du conte en huit langues ; nous avons conçu avec l’UQAM une série de 14 entretiens sur le thème Histoires d’immigrations, une initiative qui a mis en valeur l’apport inestimable des groupes culturels à la définition du Québec contemporain.

     

    Nous avons aussi travaillé au rayonnement de BAnQ dans toutes les régions du Québec en misant sur la présence de nos centres dans dix de nos plus grandes villes. Nous avons donné accès à nos collections, nous avons proposé des activités culturelles à l’échelle du Québec, dans les centres de BAnQ et dans d’autres lieux. Le succès de l’exposition Matshinanu-Nomades, dont le sujet est la vie quotidienne des Innus de la Basse-Côte-Nord, est particulièrement exemplaire : elle a été présentée à la Grande Bibliothèque, à Québec, à Odanak, à Sept-Îles, à Beloeil — en plus de Paris, Washington et Quimper —, et son parcours est loin d’être terminé.

     

    À titre d’institution de savoir, nous avons collaboré avec les acteurs de tous les niveaux du système d’éducation, du préscolaire jusqu’à l’universitaire. En cinq ans, nous avons conclu des ententes de partenariat avec dix établissements d’enseignement supérieur et celles-ci ont donné lieu à des expositions, des conférences et des entretiens, ainsi qu’à des projets de recherche de toute nature. Nous avons aussi conclu, en 2011, une entente avec le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport et, dans la foulée de cette entente, nous avons développé l’espace virtuel Milieu de l’éducation destiné aux professionnels du domaine de l’éducation, du préscolaire à l’université.

     

    Les dernières années ont été marquées par une accélération des développements technologiques. Nous avons aussi pris le leadership, avec la précieuse collaboration de la SODEC, du mouvement visant à mettre en place le prêt de livres numériques québécois par les bibliothèques. Aujourd’hui, nous offrons à nos abonnés plus de 60 000 livres numériques, dont près de la moitié sont québécois. Pas moins de 30 000 de ces livres sont empruntés tous les mois. Nous avons aussi, pour les premières fois, fait la collecte des sites Web relatifs aux campagnes électorales provinciales et municipales et nous avons établi un dialogue avec notre public par l’entremise des réseaux sociaux.

     

    Tout ceci s’est réalisé dans un contexte de réduction constante de la contribution gouvernementale : c’est l’équivalent de 12 % de notre budget de fonctionnement qu’il a fallu couper depuis juin 2009. Grâce à une optimisation systématique et continue de nos processus et de nos activités, de même que par une recherche constante de nouvelles sources de revenus, nous avons réussi le tour de force de maintenir l’équilibre budgétaire.

     

    BAnQ a accueilli sa première commandite majeure en 2012. Grâce à notre grand partenaire, La Capitale Assurance et services financiers, nous avons pu continuer à nous développer pour répondre aux attentes de nos usagers. De plus, la Fondation de BAnQ a amorcé une première campagne de financement en 2013, sous la présidence de Louis Vachon, le p.-d.g. de la Banque Nationale. À ce jour, trois des quatre millions que la campagne vise à recueillir ont été engagés.

     

    Pour la suite du monde, je crois, en toute modestie, que nous avons démontré qu’au XXIe siècle une institution de mémoire n’était pas condamnée au passéisme, mais qu’elle pouvait faire preuve de mémoire… vive. Les défis à venir sont nombreux, mais nos réussites des cinq dernières années permettent tous les espoirs. Quant à moi, c’est heureux comme Ulysse que je termine le voyage.

     
     
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