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    L’urgence de revaloriser l’enseignement de notre littérature

    10 mai 2014 | Danièle Simpson, Diane Boudreau, Patrick Moreau - Écrivaine et présidente de l’Union des écrivaines et écrivains du Québec, Écrivaine et enseignante de français au secondaire à la retraite, Écrivain et professeur de littérature au cégep | Livres
    Les auteurs participeront au Colloque sur l’enseignement de la littérature québécoise qui se tiendra les 12 et 13 mai prochains à Montréal. (Détail ici)

    Secret bien gardé, mais vérité néanmoins : la littérature québécoise est notre littérature nationale. Ne devrait-elle donc pas, en toute logique, être traitée comme telle à tous les niveaux d’enseignement ?

     

    Elle devrait l’être, en effet, mais ne l’est pas. À titre d’exemple, au cégep, parmi les quatre cours de français obligatoires de la formation générale, un seul est entièrement consacré à la littérature québécoise. Et dans ce cours, l’étudiant ne lira au mieux que quatre oeuvres complètes. C’est bien peu pour avoir accès à sa littérature nationale. Dans les trois autres cours, la place qu’elle occupera dépendra du bon vouloir du professeur. En effet, il est théoriquement possible d’inclure des oeuvres québécoises dans chacun des cours de la formation collégiale, mais peu de professeurs choisissent de le faire.

     

    Au secondaire, durant les trois dernières années, 8 des 15 oeuvres littéraires à l’étude doivent avoir été produites par des auteurs québécois. Dans la réalité, toutefois, le choix de la totalité des oeuvres, québécoises ou étrangères, dépend encore et avant tout de la seule volonté de l’enseignant. Il serait pourtant aisé d’introduire ces oeuvres littéraires québécoises dans le cursus scolaire. Pourquoi, par exemple, les enseignants de français ne profiteraient-ils pas des notions incluses dans le programme d’histoire pour faire un survol des écrits des découvreurs et de nos premiers écrivains ? De plus, pour s’assurer que la moitié des oeuvres qui seront lues par les élèves soient effectivement québécoises, il faudrait coordonner les lectures mises au programme par l’ensemble des enseignants en français, ce qui est rarement fait.

     

    Au primaire, la situation est encore plus déplorable. Le programme a peu d’exigences en ce qui concerne la littérature québécoise : les élèves doivent seulement découvrir une « variété » d’oeuvres incluant des contes, des légendes ou des fables. Par ailleurs, les suggestions de lecture apparaissent tellement hétéroclites, passant des recettes de cuisine aux règles de jeux ou aux messages publicitaires, qu’on ne voit pas comment elles pourraient bien servir une littérature nationale.

     

    Enfin, à l’université, forme-t-on les futurs enseignants de français à la littérature québécoise ? Pas vraiment. Une seule université offre aux étudiants en formation des maîtres deux cours obligatoires sur le corpus québécois. Les autres soit n’en dispensent aucun, soit n’en proposent qu’un seul, parfois facultatif. Facultative, la connaissance de sa littérature nationale quand on aura la tâche d’initier à la lecture des générations de jeunes Québécois ?

     

    L’Union des écrivaines et des écrivains québécois a donc décidé de mettre à la disposition des enseignants de tous les niveaux une liste de 150 oeuvres de ce patrimoine littéraire, écrites ou publiées au Québec depuis les origines de la Nouvelle-France jusqu’en 1950. Les oeuvres ont été choisies en fonction de leur intérêt littéraire et historique et ont été recensées dans quatre grandes catégories : le théâtre, la poésie, les oeuvres narratives et les essais. Le document, qui a été mis en ligne sur le site de l’UNEQ, donne accès aux livres en version numérique lorsqu’ils existent dans ce format et indique, sinon, comment les trouver en bibliothèque, en librairie ou chez un bouquiniste.

     

    L’UNEQ souhaite que cet inventaire soit bonifié par les enseignants et les chercheurs en littérature. À terme, le répertoire sera rendu interactif pour que les utilisateurs puissent y commenter les oeuvres ou donner des conseils sur leur exploitation en classe. L’objectif est de faire de ce répertoire un outil performant et adapté aux besoins afin d’accroître la présence de la littérature québécoise dans les programmes d’enseignement.













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