Littérature - Gilles Jobidon reçoit le prix Robert-Cliche
Photo : Jacques Grenier
Gilles Jobidon a reçu le prix Robert-Cliche hier des mains de la présidente du jury, Marie-Claire Blais.
C'est Gilles Jobidon, jeune romancier de 52 ans, qui a remporté cette année le prix Robert-Cliche pour son joli roman poétique intitulé La Route des petits matins, publié chez VLB.
On le sait, le prix Robert-Cliche soutient la relève littéraire, en récompensant chaque année le premier roman d'un auteur québécois. Les manuscrits présentés sont au départ des oeuvres non publiées. Or, l'oeuvre de M. Jobidon, qui évoque le long périple d'un réfugié sino-vietnamien vers l'Amérique, témoigne d'une sensibilité assumée au monde qui l'entoure, par une écriture tout empreinte de poésie. C'est une oeuvre où l'esthétique, orientale, a au moins autant d'importance que l'histoire. Ainsi, on y retrouve une affection particulière pour un maître du thé, M. Wou, un regard attentif sur les paysages du Vietnam, une marche qui, comme le propose la philosophie zen, porte beaucoup d'attention à la simplicité des choses, aux «petits matins» qui forment l'existence. Pas étonnant que M. Jobidon soit un historien de l'art, qui a longtemps travaillé pour les plus grands musées du Québec.
«Pour moi, la forme d'écriture est un personnage. Je la travaille comme si elle était un personnage. Je ne dirais pas que l'histoire est moins importante pour moi, c'est aussi important, mais c'est interrelié», dit le lauréat en entrevue.
La Route des petits matins est aussi un hommage aux réfugiés asiatiques venus peupler l'Amérique, un hommage à leur courage et à leur ténacité. Petit Tonnerre, comme est surnommé celui dont on raconte l'histoire, vient pour sa part du quartier chinois de Saïgon, un quartier nommé Cholon, où l'on vit en chinois, au coeur du Vietnam.
«Même Marguerite Duras parle de ce quartier dans ses livres, mais elle l'appelle Cholen. Les dénominations changent avec les années», poursuit M. Jobidon.
Au sujet des Vietnamiens d'origine chinoise, l'auteur ajoute qu'ils forment près de la moitié de l'ensemble des Vietnamiens venus trouver refuge en Amérique.
S'il a lui-même connu un engouement pour la culture orientale, lui qui s'est intéressé à la méditation, qui a pratiqué le Tai-Chi et qui lit le Yi-King, M. Jobidon ne trace pas moins un portrait ironique de la façon dont les Occidentaux adaptent superficiellement des éléments de culture orientale à leur mode de vie.
Mais ce petit roman, tout en évocation, à la prose très proche de la poésie, n'est en rien un roman à thèse.
En fait, son auteur s'est dans le passé frotté au genre poétique et à la nouvelle, sans pour autant être publié.
Aussi, ce prix arrive-t-il comme une bouffée d'air frais dans la longue marche de l'écrivain, qui prévoit déjà inscrire cette première oeuvre publiée dans un cycle mettant en valeur les quatre éléments fondamentaux de la culture occidentale: l'eau, l'air, la terre, le feu, et les cinq chers à la culture orientale : l'eau, la terre, le bois, le métal et le feu.
Le prix Robert-Cliche, qui a été remis hier à Montréal, est accompagné d'une bourse de 5000 $, offerte par la Centrale des syndicats du Québec. Les lauréats sont publiés aux éditions VLB.
On le sait, le prix Robert-Cliche soutient la relève littéraire, en récompensant chaque année le premier roman d'un auteur québécois. Les manuscrits présentés sont au départ des oeuvres non publiées. Or, l'oeuvre de M. Jobidon, qui évoque le long périple d'un réfugié sino-vietnamien vers l'Amérique, témoigne d'une sensibilité assumée au monde qui l'entoure, par une écriture tout empreinte de poésie. C'est une oeuvre où l'esthétique, orientale, a au moins autant d'importance que l'histoire. Ainsi, on y retrouve une affection particulière pour un maître du thé, M. Wou, un regard attentif sur les paysages du Vietnam, une marche qui, comme le propose la philosophie zen, porte beaucoup d'attention à la simplicité des choses, aux «petits matins» qui forment l'existence. Pas étonnant que M. Jobidon soit un historien de l'art, qui a longtemps travaillé pour les plus grands musées du Québec.
«Pour moi, la forme d'écriture est un personnage. Je la travaille comme si elle était un personnage. Je ne dirais pas que l'histoire est moins importante pour moi, c'est aussi important, mais c'est interrelié», dit le lauréat en entrevue.
La Route des petits matins est aussi un hommage aux réfugiés asiatiques venus peupler l'Amérique, un hommage à leur courage et à leur ténacité. Petit Tonnerre, comme est surnommé celui dont on raconte l'histoire, vient pour sa part du quartier chinois de Saïgon, un quartier nommé Cholon, où l'on vit en chinois, au coeur du Vietnam.
«Même Marguerite Duras parle de ce quartier dans ses livres, mais elle l'appelle Cholen. Les dénominations changent avec les années», poursuit M. Jobidon.
Au sujet des Vietnamiens d'origine chinoise, l'auteur ajoute qu'ils forment près de la moitié de l'ensemble des Vietnamiens venus trouver refuge en Amérique.
S'il a lui-même connu un engouement pour la culture orientale, lui qui s'est intéressé à la méditation, qui a pratiqué le Tai-Chi et qui lit le Yi-King, M. Jobidon ne trace pas moins un portrait ironique de la façon dont les Occidentaux adaptent superficiellement des éléments de culture orientale à leur mode de vie.
Mais ce petit roman, tout en évocation, à la prose très proche de la poésie, n'est en rien un roman à thèse.
En fait, son auteur s'est dans le passé frotté au genre poétique et à la nouvelle, sans pour autant être publié.
Aussi, ce prix arrive-t-il comme une bouffée d'air frais dans la longue marche de l'écrivain, qui prévoit déjà inscrire cette première oeuvre publiée dans un cycle mettant en valeur les quatre éléments fondamentaux de la culture occidentale: l'eau, l'air, la terre, le feu, et les cinq chers à la culture orientale : l'eau, la terre, le bois, le métal et le feu.
Le prix Robert-Cliche, qui a été remis hier à Montréal, est accompagné d'une bourse de 5000 $, offerte par la Centrale des syndicats du Québec. Les lauréats sont publiés aux éditions VLB.
Haut de la page

