Voyage en Amérique
C'est l'Amérique rêvée, celle d'un temps béni, sans routes ni voitures, une Amérique encore largement amérindienne, terre de liberté où les Blancs venaient à peine de débarquer. C'est l'Amérique grouillante de gibier et de vie, où les Amérindiens étaient alors plus nombreux que les Européens, ce «pays de l'abondance» du début de la colonisation, que Georges-Hébert Germain a choisi de raconter dans un livre magnifiquement illustré par Francis Back, Les Coureurs des bois - La saga des Indiens blancs, publié chez Libre Expression.
Il y présente une Amérique qu'il fait bon parcourir sur papier glacé, à l'abri des tempêtes de neige et des maringouins, comme l'a si bien compris l'auteur, au fil d'une plume coulante, avec tout le loisir de rêver entre les pages.
L'auteur a choisi d'aborder cette Amérique avec le regard de ceux qui l'ont sans doute passionnément aimée, ceux que l'on surnomme les Indiens blancs, ces «truchements» qui se sont fondus au mode de vie des Amérindiens, jusqu'à partager leurs coutumes et leurs langues. Au fil des pages, Georges-Hébert Germain a donc brièvement tracé le portrait des Pierre-Esprit Radisson, Guillaume Couture, Étienne Brûlé, qui ont souffert des Amérindiens, qui les ont aimés aussi, mais qui sont du même souffle devenus un peu leurs frères.
«La torture est un rite initiatique, un rite de passage et d'appropriation. Elle a pour but de provoquer un changement d'identité. Radisson a si bien fait "comme eux" qu'il est devenu l'un des leurs», écrit Georges-Hébert Germain.
Mais plus que d'une identité étrangère, c'est de liberté que ces Indiens blancs sont avides, si l'on en croit l'interprétation de Germain, qui est intarissable sur la liberté de ces femmes amérindiennes qui se donnaient à qui elles voulaient, même avant le mariage, et sur les valeurs de partage et de tolérance qui régnaient parmi les nations amérindiennes d'Amérique.
L'auteur a manifestement pris plaisir à écrire ce livre, rêvant à son tour de cette Amérique révolue, voire idéalisée, et il communique ce plaisir à qui a envie, comme lui, de s'y tremper sans s'y perdre. Les textes, s'ils sont courts, sont détaillés. Car bien qu'il ne soit pas lui-même un spécialiste de cette portion de l'histoire, Germain a bien pris soin de confier la direction scientifique à Jean-Pierre Hardy, conservateur au Musée canadien des civilisations. Le lecteur attentif s'étonnera cependant qu'on y parle encore, en 2003, de l'Amérique des «Sauvages».
Mais c'est aussi beaucoup pour les images qu'il faut feuilleter ce livre: celles, magnifiques, de Francis Back, mais aussi pour les très nombreuses photos de musées, d'archives et de bibliothèques, qui donnent à l'ouvrage une dimension documentaire relevée. Des conditions réunies pour un fabuleux voyage dans le passé.
Il y présente une Amérique qu'il fait bon parcourir sur papier glacé, à l'abri des tempêtes de neige et des maringouins, comme l'a si bien compris l'auteur, au fil d'une plume coulante, avec tout le loisir de rêver entre les pages.
L'auteur a choisi d'aborder cette Amérique avec le regard de ceux qui l'ont sans doute passionnément aimée, ceux que l'on surnomme les Indiens blancs, ces «truchements» qui se sont fondus au mode de vie des Amérindiens, jusqu'à partager leurs coutumes et leurs langues. Au fil des pages, Georges-Hébert Germain a donc brièvement tracé le portrait des Pierre-Esprit Radisson, Guillaume Couture, Étienne Brûlé, qui ont souffert des Amérindiens, qui les ont aimés aussi, mais qui sont du même souffle devenus un peu leurs frères.
«La torture est un rite initiatique, un rite de passage et d'appropriation. Elle a pour but de provoquer un changement d'identité. Radisson a si bien fait "comme eux" qu'il est devenu l'un des leurs», écrit Georges-Hébert Germain.
Mais plus que d'une identité étrangère, c'est de liberté que ces Indiens blancs sont avides, si l'on en croit l'interprétation de Germain, qui est intarissable sur la liberté de ces femmes amérindiennes qui se donnaient à qui elles voulaient, même avant le mariage, et sur les valeurs de partage et de tolérance qui régnaient parmi les nations amérindiennes d'Amérique.
L'auteur a manifestement pris plaisir à écrire ce livre, rêvant à son tour de cette Amérique révolue, voire idéalisée, et il communique ce plaisir à qui a envie, comme lui, de s'y tremper sans s'y perdre. Les textes, s'ils sont courts, sont détaillés. Car bien qu'il ne soit pas lui-même un spécialiste de cette portion de l'histoire, Germain a bien pris soin de confier la direction scientifique à Jean-Pierre Hardy, conservateur au Musée canadien des civilisations. Le lecteur attentif s'étonnera cependant qu'on y parle encore, en 2003, de l'Amérique des «Sauvages».
Mais c'est aussi beaucoup pour les images qu'il faut feuilleter ce livre: celles, magnifiques, de Francis Back, mais aussi pour les très nombreuses photos de musées, d'archives et de bibliothèques, qui donnent à l'ouvrage une dimension documentaire relevée. Des conditions réunies pour un fabuleux voyage dans le passé.
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