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Voyage en Amérique

Caroline Montpetit   1 novembre 2003  Livres
C'est l'Amérique rêvée, celle d'un temps béni, sans routes ni voitures, une Amérique encore largement amérindienne, terre de liberté où les Blancs venaient à peine de débarquer. C'est l'Amérique grouillante de gibier et de vie, où les Amérindiens étaient alors plus nombreux que les Européens, ce «pays de l'abondance» du début de la colonisation, que Georges-Hébert Germain a choisi de raconter dans un livre magnifiquement illustré par Francis Back, Les Coureurs des bois - La saga des Indiens blancs, publié chez Libre Expression.

Il y présente une Amérique qu'il fait bon parcourir sur papier glacé, à l'abri des tempêtes de neige et des maringouins, comme l'a si bien compris l'auteur, au fil d'une plume coulante, avec tout le loisir de rêver entre les pages.

L'auteur a choisi d'aborder cette Amérique avec le regard de ceux qui l'ont sans doute passionnément aimée, ceux que l'on surnomme les Indiens blancs, ces «truchements» qui se sont fondus au mode de vie des Amérindiens, jusqu'à partager leurs coutumes et leurs langues. Au fil des pages, Georges-Hébert Germain a donc brièvement tracé le portrait des Pierre-Esprit Radisson, Guillaume Couture, Étienne Brûlé, qui ont souffert des Amérindiens, qui les ont aimés aussi, mais qui sont du même souffle devenus un peu leurs frères.

«La torture est un rite initiatique, un rite de passage et d'appropriation. Elle a pour but de provoquer un changement d'identité. Radisson a si bien fait "comme eux" qu'il est devenu l'un des leurs», écrit Georges-Hébert Germain.

Mais plus que d'une identité étrangère, c'est de liberté que ces Indiens blancs sont avides, si l'on en croit l'interprétation de Germain, qui est intarissable sur la liberté de ces femmes amérindiennes qui se donnaient à qui elles voulaient, même avant le mariage, et sur les valeurs de partage et de tolérance qui régnaient parmi les nations amérindiennes d'Amérique.

L'auteur a manifestement pris plaisir à écrire ce livre, rêvant à son tour de cette Amérique révolue, voire idéalisée, et il communique ce plaisir à qui a envie, comme lui, de s'y tremper sans s'y perdre. Les textes, s'ils sont courts, sont détaillés. Car bien qu'il ne soit pas lui-même un spécialiste de cette portion de l'histoire, Germain a bien pris soin de confier la direction scientifique à Jean-Pierre Hardy, conservateur au Musée canadien des civilisations. Le lecteur attentif s'étonnera cependant qu'on y parle encore, en 2003, de l'Amérique des «Sauvages».

Mais c'est aussi beaucoup pour les images qu'il faut feuilleter ce livre: celles, magnifiques, de Francis Back, mais aussi pour les très nombreuses photos de musées, d'archives et de bibliothèques, qui donnent à l'ouvrage une dimension documentaire relevée. Des conditions réunies pour un fabuleux voyage dans le passé.






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  • Robert Crevier
    Inscrit
    mercredi 27 décembre 2006 19h58
    Commentaire pour le livre «Les coureurs des bois»
    « C'est un livre qui a une très belle présentation, lorsqu'on le regarde dans un premier temps, il semble très bien fait, belles illustrations, belle présentation, par contre, je suis intéressé par la culture Amérindienne depuis plusieurs années et en lisant ce livre, je ressens un peu de racisme envers les Amérindiens.

    Les jésuites dans les années 1600 et 1700 appelaient les Amérindiens des sauvages, ce livre publié en 2003 garde encore ce terme à plusieurs endroits, je peux comprendre lorsqu'on fait référence à des écrits des années 1600 ou 1700, mais aujourd'hui, cette expression devrait être révisée. Également, on fait souvent référence à la liberté sexuelle des Amérindiennes un peu comme des filles très faciles sans vraiment décrire les véritables moeurs sexuelles des communautés autochtones.

    Si l'auteur ne connait pas les moeurs d'époque, il n'aurait pas du en faire référence. J'ai aussi vu à quelques reprises faire référence des couteaux de scalpes des Iroquois sans par contre voir aucunes références que ce sont les blancs qui à l'époque ont été les premiers à scalper les Amérindiens pour avoir une prime car à une certaines époque, ils y avaient une prime pour chaque scalpe, et que les cheveux noirs des Amérindiens étaient envoyés en Europe pour en faire des perruques. Avec tous les respects que l'auteur peut avoir, ce très beau livre manque beaucoup de clarification et laisse une très mauvaise impression des Amérindiens.

    Et finalement, lorsqu'on fait référence aux communautés autochtones, il y a une très grosse différence entre les communautés de l'est, de l'ouest et du centre du Canada et des Etats-Unis, l'auteur semble parfois mélanger toutes les communautés et les mettre toutes dans le même pot. »

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