Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    Virage numérique : l’Union des écrivains et Arlette Cousture réagissent

    30 octobre 2013 |Frédérique Doyon | Livres
    La décision de Marie Laberge - en vertu d’une entente avec Apple pour la vente de ses 10 premiers romans - et d’Arlette Cousture de diffuser leurs oeuvres sur Internet a secoué une partie du milieu du livre.
    Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir La décision de Marie Laberge - en vertu d’une entente avec Apple pour la vente de ses 10 premiers romans - et d’Arlette Cousture de diffuser leurs oeuvres sur Internet a secoué une partie du milieu du livre.

    Le virage numérique des auteures Marie Laberge et Arlette Cousture ouvre une brèche dans un univers non balisé. Sans juger le geste de ses membres, l’Union des écrivaines et écrivains du Québec (UNEQ) en profite plutôt pour relancer un de ses chevaux de bataille : la négociation d’une entente-cadre entre auteurs et éditeurs.

     

    « Il y a un vide juridique en ce qui concerne le numérique dans la loi 51 qui porte sur le livre, explique Suzanne Aubry, auteure et porte-parole de l’UNEQ. C’est la jungle à l’heure actuelle, il n’y a aucune réglementation sinon les contrats individuels que les écrivains peuvent négocier avec les éditeurs. Alors on serait mal placé à l’UNEQ pour blâmer nos membres de prendre leurs affaires en main, c’est leur décision. »

     

    L’UNEQ en profite donc pour réclamer une entente-cadre entre auteurs et éditeurs, comme elle le fait depuis 20 ans. « Il serait peut-être temps qu’on se mette à table », dit Mme Aubry.

     

    Si les éditeurs prennent le train de la numérisation depuis environ cinq ans, en numérisant de « plus en plus » les nouveautés papier, surtout en fiction, ils le font « quand ils en ont les droits », indique de son côté le directeur général de l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL), Richard Prieur. En rouvrant les contrats avec les auteurs, ceux-ci décident parfois de garder leurs droits sur l’édition numérique de leurs ouvrages, comme l’a fait Marie Laberge pour ses romans.

     

    « C’est la loi de l’offre et de la demande, note M. Prieur en citant d’autres auteurs de renom qui ont tenté le jeu numérique, comme Stephen King. Quand ils négocient, le papier est une chose, le numérique en est une autre. »

     

    La décision de Marie Laberge - en vertu d’une entente avec Apple pour la vente de ses 10 premiers romans - et d’Arlette Cousture de diffuser leurs oeuvres sur Internet a secoué une partie du milieu du livre. Les librairies sont en colère et les bibliothèques publiques signalent qu’il leur devient impossible de prêter leurs oeuvres à leurs usagers pour des questions techniques et pour respecter l’esprit de la loi sur le livre.

     

    L’UNEQ essaie de ménager la chèvre et le chou. « Poser ce geste, ça leur appartient », affirme Mme Aubry qui tient en même temps à réaffirmer le soutien de l’UNEQ au prix réglementé du livre - papier et numérique. Or, cette politique, actuellement à l’étude à Québec, vise à protéger les librairies et, par la bande, les autres maillons de la chaîne du livre (éditeurs, distributeurs) dont Mmes Laberge et Cousture court-circuitent le travail en décidant de vendre leurs oeuvres directement en ligne, comme le permet naturellement l’univers du Web.

     

    Contrôler ses revenus

     

    Arlette Cousture se défend d’avoir « repris ses droits sur ses livres » et de priver qui que ce soit de ses oeuvres. Au contraire, en vendant directement sur son site Web Pourquoi les enfants courent-ils toujours après les pigeons ?, elle souhaitait « se sentir encore plus proche de ses lecteurs » et « essayer une nouvelle approche », confie-t-elle au Devoir, puisqu’elle se lançait pour la première fois dans l’écriture de nouvelles, genre moins connu au Québec.

     

    L’auteure à succès se désole du tollé provoqué par son geste, qui visait aussi à « avoir un meilleur contrôle de [s]es revenus, reconnaît-elle. C’est notoire qu’on reçoit 10 % [de la vente des livres] et ça peut monter un peu si on vend beaucoup, mais on n’accote pas les 25 % ou 40 % [que touchent les éditeurs et libraires]. Connaissez-vous beaucoup de gens qui vont travailler pendant sept ans, sans être payés ? On vit toujours sur des cordes comme ça. »

     

    Approche miroir

     

    Pour respecter l’esprit de la Loi du livre, les acteurs du milieu ont convenu tacitement en 2011 d’appliquer le modèle qui prévaut en édition papier au numérique. L’approche miroir est-elle la bonne, alors que les outils technologiques renversent les rapports de force au profit des usagers ?

     

    « C’est une solution de compromis, une façon d’avancer là, maintenant, indique Jean-François Cusson, chargé de projet de Pretnumerique.ca. C’est une bonne solution dans le sens que ça implique l’ensemble de l’industrie. Mais c’est un modèle qui devra être en constante évolution. »

     

    Marie Laberge ne donne pas d’entrevue sur le sujet, pour l’instant.













    Envoyer
    Fermer
    Articles les plus : Populaires|Aimés
    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.