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    La «trahison» de deux auteures à succès

    Les Laberge et Cousture vendront directement leurs livres numériques, au grand désarroi des librairies et des bibliothèques

    29 octobre 2013 |Frédérique Doyon | Livres
    L'auteure Marie Laberge
    Photo: Michel Cloutier L'auteure Marie Laberge

    Les décisions successives de Marie Laberge et d’Arlette Cousture de vendre leurs écrits en format numérique directement sur leur site Web sèment l’émoi dans le milieu du livre.

     

    L’Association des libraires du Québec (ALQ) y voit une « trahison ». Les bibliothèques publiques déplorent un geste qui empêchera leurs usagers d’emprunter les oeuvres de la romancière en format numérique.

     

    « On comprend la démarche : supprimer les intermédiaires, ça se défend. Mais en sortant de la chaîne du livre telle qu’elle est organisée, c’est impossible pour bibliothèques d’acheter leurs oeuvres et de les prêter en format numérique », fait valoir Jean-François Cusson, chargé de projet pour prêtnumérique.ca, vitrine virtuelle des bibliothèques publiques du Québec.

     

    Le livre numérique, encore balbutiant au Québec, représente à peine 4 % du marché. Mais voyant venir la vague, les différentes instances concernées (ministère de la Culture et des Communications, SODEC, Association nationale des éditeurs de livres, ALQ, Union des écrivaines et écrivains du Québec, Association des bibliothèques publiques, etc.) ont convenu de manière concertée en 2011 de respecter l’esprit de la Loi sur le livre. Ce faisant, les bibliothèques se sont engagées à acheter leurs livres numériques auprès de librairies agréées à cet effet par le ministère, comme cela se fait pour l’édition papier.

     

    Trois agrégateurs existent (DeMarque, Prologue et ADP) et jouent le rôle d’acheminer les livres numériques aux différentes librairies en ligne. Le site Prêtnumérique.ca, géré par les bibliothèques, est né de cette entente.

     

    Douche froide

     

    Or Arlette Cousture annonçait jeudi qu’elle publierait son recueil de nouvelles Pourquoi les enfants courent-ils toujours après les pigeons exclusivement sur Internet. Quelques jours plus tôt, c’est Marie Laberge qui promettait l’ouverture prochaine de sa boutique en ligne où l’on trouvera ses dix premiers romans. Son 11e, Mauvaise Foi, qui vient de paraître, suivra plus tard.

     

    L’auteure de la trilogie Le goût du bonheur, qui a refusé de parler au Devoir, indiquait récemment à La Presse que sa boutique virtuelle découle d’une entente avec Apple, « sans passer par d’autres agrégateurs ».

     

    Les librairies reçoivent la décision de Marie Laberge comme une douche froide, quelques semaines après avoir martelé devant la commission parlementaire sur le prix du livre l’importance de respecter la chaîne du livre pour assurer une saine bibliodiversité.

     

    « Les libraires éprouvent une grande déception, voire de la colère envers l’auteure dont on soutient la carrière depuis plusieurs années, indique au Devoir Katherine Fafard, directrice générale de l’ALQ. Pour plusieurs, c’est perçu comme une trahison. Mis à part elle-même et Apple, personne de la chaîne du livre ne va bénéficier de ça. »

     

    Marie Laberge suit pourtant une certaine logique dans sa démarche d’auteure. Elle avait déjà tâté de l’autoédition semi-virtuelle en 2008 avec son roman épistolaire Des Nouvelles de Martha. Celles-ci étaient publiées une à une à ses abonnés Web par l’entremise de lettres papier.

     

    Précédent

     

    Sa démarche surprend tout de même parce qu’elle constitue un précédent dans le milieu de l’édition, qui amorce la révolution numérique déjà consommée en musique. Son geste bouscule surtout parce qu’il survient en plein débat autour d’une politique sur le prix plancher de vente de livres neufs.

     

    Marie Laberge, qui avaient d’ailleurs signé le manifeste Nos livres à juste prix l’an dernier, à la base du mouvement en faveur de la politique, a récemment changé son fusil d’épaule. À l’émission Tout le monde en parle, elle défendait notamment des arguments d’accessibilité pour expliquer sa volte-face : limiter les rabais dans les grandes surfaces, comme le propose la politique, accentuerait l’impression que le livre est un objet de luxe qu’une société comptant un million d’analphabètes fonctionnels ne peut se permettre.

     

    Or pour l’ALQ, en limitant la diffusion de ses titres à sa seule plateforme, la décision de l’auteur va à l’encontre de cette accessibilité. « Cela aurait été bénéfique de rendre ses oeuvres disponibles sur le plus de plateformes possible », souligne Katherine Fafard de l’ALQ.

     
     
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