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    Large consensus autour d’un prix plancher du livre

    20 septembre 2013 |Frédérique Doyon | Livres
    Ces derniers jours de commission ont permis d’arrondir les angles du débat, alors que l’expression « prix plancher » remplaçait plus souvent celle de « prix unique ».
    Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Ces derniers jours de commission ont permis d’arrondir les angles du débat, alors que l’expression « prix plancher » remplaçait plus souvent celle de « prix unique ».

    La commission parlementaire sur le prix du livre s’est conclue jeudi par une série de plaidoyers en faveur de l’adoption d’une réglementation. Une dernière journée à l’image de l’ensemble du débat mené depuis le 19 août, dont une bonne majorité des 42 intervenants embrassent l’idée de limiter les rabais à 10 % sur les livres neufs pendant une période de neuf mois, comme le demande le milieu professionnel du livre.

     

    L’Association des libraires du Québec a d’ailleurs tenu à souligner ce large consensus, en fin de soirée, par voie de communiqué. « Nous avons fait la démonstration qu’il existe un véritable consensus et qu’il y a donc urgence et nécessité d’agir », a indiqué le président du conseil d’administration Serge Poulin.

     

    La grande surprise de cette sixième journée d’audiences est venue du Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), que tous les parlementaires attendaient du côté d’une non-réglementation et qui a endossé l’idée d’un prix plancher.

     

    « La donne a complètement changé avec l’arrivée de grands joueurs comme Amazon », a affirmé Simon Bourque, vice-président du CQCD, qui s’opposait jusqu’ici à une telle mesure. Aucune entreprise au Québec ne peut concurrencer le modèle d’affaires d’Amazon, selon le CQCD, qui reconnaît la « concurrence féroce et déloyale » de ces géants tout en assurant que le CQCD croit fermement à la libre concurrence du marché.

     

    Une telle position n’a pas étonné l’économiste indépendant Ianik Marcil, qui endosse aussi le prix plancher proposé. Celui-ci freinerait le mouvement de fermeture des librairies, qui ne sont pas de simples commerçants, mais des acteurs culturels, selon lui.

     

    L’économie contemporaine « est à la concentration industrielle », a-t-il noté, donnant l’exemple du bond effarant de la part de marché des quatre plus grandes chaînes américaines de 40 à 74 % depuis 1992. Une réglementation « agirait comme une loi anti-trust » et viendrait « atténuer cette tendance ».

     

    L’économiste a toutefois invité le milieu du livre à « se secouer les puces » pour faire face aux défis du numérique, convaincu que les acteurs du livre sont assez inventifs pour y arriver. Il estime que le prix plancher devrait s’appliquer à la vente en ligne, mais pour une période temporaire « parce qu’on ne peut pas se battre contre une mouvance aussi forte ».

     

    Olivieri résume tout

     

    Vibrant plaidoyer de la part de la librairie montréalaise Olivieri, qui a démonté les arguments des opposants à la réglementation, mettant fin à l’impression que les « petites librairies » vivotent passivement. Ouverte depuis plus de 25 ans, la librairie s’est dotée d’un bistro il y a déjà 13 ans, un modèle « unique en son genre », selon les copropriétaires Yvon Lachance et Rina Olivieri, et multiplie les activités d’animation autour du livre (conférences, table ronde, lectures). « On est loin de la librairie dont le modèle d’affaires n’a pas changé et qui veut le statu quo. »

     

    Ils ont rappelé les enjeux : un prix plancher permettrait de garder une partie des ventes de best-sellers qu’accaparent les grandes surfaces, alors que la librairie a pourtant fait tout le travail de « recherche et développement » préalable à l’émergence du best-seller. C’est une « mesure transparente », qui aurait « des répercussions sur l’ensemble de la chaîne » du livre, protégerait d’une guerre de prix et donnerait la bouffée d’air nécessaire pour mettre en place une stratégie numérique.

     

    Ces derniers jours de commission ont permis d’arrondir les angles du débat, alors que l’expression « prix plancher » remplaçait plus souvent celle de « prix unique ». Aussi, l’enjeu ne se résume pas à placer « les bons [petites libraires] contre les méchants [Costco, Amazon, etc.] », a indiqué Ianik Marcil. Il s’agit de donner les mêmes règles du jeu à tous pour « assurer la vitalité de l’innovation entrepreneuriale au Québec », la diversité des titres et des lieux de vente de livres.

     

    En fin d’audience, la Coalition avenir Québec a réitéré qu’elle n’endosserait pas une éventuelle réglementation, les 42 intervenants n’ayant pas démontré « hors de tout doute » que la mesure empêcherait la fermeture de librairies…

     
     
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