Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Livre - Suite à un accident grave de voyageur, Éric Fottorino

    6 juillet 2013 |Guylaine Massoutre | Livres

    Essai
    Suite à un accident grave de voyageur

    Éric Fottorino

    Gallimard

    Paris, 2013, 63 pages

    Âmes sensibles s’abstenir. Éric Fottorino, ancien directeur du journal Le Monde, signe un petit essai de vie quotidienne sur les accidents mortels dans le métro. Tout le monde sait que les Parisiens qui travaillent passent une partie de leur vie dans les transports. Et qu’ils y étouffent, suent, peinent, vivent la promiscuité, les divers fracas et le vacarme du trafic. Et qu’ils subissent les avaries de matériel, les grèves, les encombrements inopinés, les rames bondées, les malaises, les incidents inénarrables et perturbateurs. Tout cela contribue à leur morosité.


    Mais les suicides, c’est bien pire. À ces morts oubliés, sans visage, à ceux qui se sont jetés sur les rails, Fottorino rend hommage. Prétexte pour évoquer l’ambiance de ces voyages où tout arrive : un drame, un accident ou même une naissance, quantité d’impressions et de sensations donnent aux foules du métro un sentiment d’appartenance.


    Témoin d’un tel suicide, l’auteur, à la suite du choc, a fouillé dans les faits divers. Il a retrouvé des circonstances, revu des faits, tiré des conséquences et prêté des intentions. Car qui se tue sur la voie publique veut dire quelque chose. Mais quel est le message, quand on finit sa vie coupé par un train ? Que peuvent y faire tous ces voyageurs ensemble, et les travailleurs des transports, responsables de véhiculer des hordes de passagers ?


    Il fait bon être vivant dans le métro, quoi qu’on en dise. Éviter le mal chronique du désespoir, de la détresse, de la maladie, du cynisme. Personne ne sait quoi faire devant ces gestes horribles. Ni devant la souffrance extrême. Ni en l’absence de chaleur humaine. Chacun a peur de voir le reflet de son double dans de tels accidents. Alors on tourne la tête, puis on y repense. Le mérite de ces pages est d’y revenir pour combattre le déni et la lâcheté collective. Sans moraliser, l’auteur fissure le silence et secoue l’indifférence.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires

    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.