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    Raymond Klibansky, le philosophe et la mémoire des livres

    22 juin 2013 |Stéphane Baillargeon | Livres
    Johannes Kymæus, 1498-1532, L’Hercule du pape contre les Allemands. Détails du fronticipice du pamphlet dirigé contre le cardinal Nicolas de Cues.
    Photo: BAnQ Johannes Kymæus, 1498-1532, L’Hercule du pape contre les Allemands. Détails du fronticipice du pamphlet dirigé contre le cardinal Nicolas de Cues.

    Raymond Klibansky 1905-2005

    La bibliothèque d’un philosophe

    Georges Leroux

    BAnQ

    Montréal, 2013, 177 pages

    Un livre sur un homme des livres. Un beau et bon livre sur un savant qui a consacré sa longue vie à les collectionner, à les étudier, à les faire aimer pour mieux comprendre la vie des idées et les leçons conceptuelles léguées par les anciens pour nous permettre à notre tour de renouveler le monde.

    « Les bibliothèques forment un de nos liens les plus profonds avec le passé, expliquait le philosophe Raymond Klibansky dans le film De la philosophie à la vie. Sans notre passé, nous ne serions pas ce que nous sommes, et nous ne saurions pas qui nous sommes. Elles sont ce qui nourrit notre esprit. »


    Cet extrait est reproduit dans le catalogue qui accompagne et complète l’exposition Raymond Klibansky (1905-2005). La bibliothèque d’un philosophe, présentée à la Grande Bibliothèque jusqu’au 25 août. La lecture de ce liber amicorum posthume prépare magnifiquement à la visite de l’expo, qu’on ne saurait trop recommander. Mais l’ouvrage peut aussi tout simplement servir d’introduction à la vie et à l’oeuvre de Raymond Klibansky, ce géant du monde des idées.


    Né à Paris en 1905, créature des meilleures universités allemandes, il fuit l’Allemagne nazie dès 1933, s’installe à Montréal après 1945 sur la recommandation d’Albert Einstein. Il continue ici ses études et ses enseignements sur la philosophie grecque et latine. Les prestigieux prix annuels de la Fédération canadienne des sciences humaines portent son nom.


    La collection Raymond Klibansky, maintenant conservée à l’Université McGill, compte 7000 ouvrages allant du XVe siècle à nos jours. Le livre consacré à ce riche corpus rassemble huit textes décortiquant les rapports du savant à la tradition platonicienne, la production de son maître ouvrage sur la mélancolie ou « les idéaux de la tolérance moderne ».


    Tous les détails de cet ouvrage intellectuel exemplaire suscitent l’admiration : la couverture et son ex-libris, le choix du papier, la richesse de l’iconologie et de l’iconographie, l’intelligence des sujets, la profondeur des analyses et la minutie des textes. En plus, le livre sur les livres et l’amour des livres ne jargonne jamais malgré la difficulté de certains thèmes abordés. Raymond Klibansky, lui-même d’une clarté conceptuelle à toute épreuve et d’une maniaque bibliophilie, aurait grandement apprécié cet examen pénétrant et admiratif qui ne sombre pourtant jamais dans le culte de la personnalité intellectuelle.


    L’exposition comme le catalogue doivent l’essentiel au philosophe Georges Leroux, qui fut l’étudiant et l’ami de Raymond Klibansky. Il est aussi un collaborateur régulier du cahier Livres du Devoir.

    Johannes Kymæus, 1498-1532, L’Hercule du pape contre les Allemands. Détails du fronticipice du pamphlet dirigé contre le cardinal Nicolas de Cues. Portrait de Raymond Klibansky, à Cues, en 1927.
     
     
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