Le printemps de la littérature sur la course à pied
Trois nouveaux livres sous la loupe de deux coureurs
Courir est une activité naturelle. Enfant, on court sans se poser de questions, alors, en théorie, il n’y aurait rien à faire pour améliorer notre technique, mais Jean-François, kinésiologue, ostéopathe et coureur depuis 30 ans, croit que tout coureur peut faire mieux.
D’où son livre, un ouvrage dense et pratique, que l’auteur conseille de lire à la pièce. À l’aide de photos et d’abondantes illustrations, le livre sur papier glacé s’attarde à la posture, au mouvement, à la façon d’emmagasiner l’énergie.
En plus de ses programmes d’entraînement (sur 16 semaines plutôt que 12 : l’auteur le dit, il vise la qualité avant la quantité), il y a un chapitre sur les exercices pour s’é chauffer avant une course et pendant les jours de repos. Plus pratique que ça, les 90 exercices auraient été offerts en fiches détachables. Ici, Courir mieux ne cherche pas à convaincre qu’il fait bon courir - en théorie, le lecteur en est déjà persuadé -, mais lui montre comment le faire, et bien, pour qu’il coure longtemps.
Nicolas : « Voilà, j’ai trouvé ma bible, surtout que je désire améliorer ma posture de course. Le chapitre sur les Kalenjins, ces coureurs qui gagnent tous les marathons, se lit comme un roman. »
Amélie : « Wow ! C’est écrit clairement et c’est très technique. Si je ne courais pas déjà, je trouverais que c’est plus tough que je le pensais, de se mettre au jogging ! Des trois livres, il est le plus complet, bien qu’il ne parle pres que pas de nutrition. »
Courir mieux
Jean-François Harvey
Les éditions de l’Homme
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Dans les années 1970, alors que le Québec vivait les Jeux olympiques de Montréal et une première vague de course à pied poussée par la sortie du livre américain Aerobics, les femmes étaient peu nombreuses à surfer là-dessus.
En bonne partie parce qu’on disait, à l’époque, que la course était mauvaise pour les organes reproducteurs et la santé féminine. Les temps ont changé, aujourd’hui, une fem me sur cinq enfile ses espadrilles et le mot se passe : courir, c’est la santé.
C’est pour elles que la journaliste de La Presse Sophie Allard a imaginé son livre. Coffre à outils garni de portraits et de trucs pratiques, il répond à toutes les questions, surtout celles auxquelles les hommes ne pensent pas : les petits maux de course typiques à l’anatomie féminine, l’impact du cycle menstruel, l’entraînement avant et après l’accouchement. Empathique, La course à pied au féminin rassemble, rassure en lui disant qu’elle aussi est capable.
Nicolas : « C’est rempli d’infos intéressantes, même si je suis zéro le public cible. J’aime bien les portraits de coureuses, voir comment Alexandra Diaz et Luce Dufault ont commencé à courir. C’est motivant. Et je ne pensais pas que vous pouviez avoir des infections vulvaires en courant… »
Amélie : « Il donne le goût de courir tout en présentant une autre perspective de la course axée sur l’humain et non la performance. Ce n’est pas un ouvrage de référence, ni de technique : tu le lis et c’est fini. Super pour les femmes qui ont besoin de raisons pour se mettre elles aussi à courir. »
La course à pied au féminin
Sophie Allard
Les éditions La Presse
Mars 2013, 214 pages
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La simplicité de la course à pied séduit les adeptes. Suffit d’enfiler ses espadrilles et hop, en piste. Reste qu’il y a des notions de base pour s’équiper, éviter les blessures et améliorer ses performances.
Courir, écrit par une coureuse et un entraîneur d’expérience, fournit les réponses de base aux coureurs qui veulent se lancer en piste, à travers huit sections (habillement, étirements, alimentation, préparation à une épreuve).
Tout simple dans ses explications, l’ouvrage est surtout un journal de bord dans lequel le coureur documentera ses sorties. Ponctué de petits trucs et de poussées dans le dos en gros caractères, il talonne le sportif pour le motiver à ne pas lâcher, même les jours de pluie.
Nicolas : « Pour une personne qui commence à courir et qui veut suivre sa progression, ça fait la job, il ne va pas la noyer dans les infos techniques. Mais je trouve qu’utiliser une page juste pour nous dire “ Courir donne meilleure mine ”, c’est du gaspillage de papier. »
Amélie : « Ça reste un carnet de bord. Il sert avant tout à documenter ses courses, mais en 2013, les applications pour appareils intelligents font déjà ce travail. Il est pop et attrayant en tout cas. »
Courir, Journal de bord conseils pratiques
Pascale Morin, Luis Tomas Lopez Villagran
Éditions Marcel Didier
Mars 2013, 160 pages










