Livre - Manière de faire parler. Interaction et ventriloquie, François Cooren
Essai
Manière de faire parler. Interaction et ventriloquie
François Cooren
Éditions Le Bord de l’eau
Lormont, 2013, 270 pages
La révélation va être troublante : lorsqu’on parle, lorsqu’on entre en conversation, dans les mondes matériels comme dans les univers numériques, ce n’est peut-être pas totalement nous qui nous exprimons. Et pour cause : des ventriloques, nous serions, tous, incarnant selon les besoins et les contextes des voix multiples appartenant à d’autres. Interagir, c’est généralement « s’associer à des figures ou des agentivités que l’on met en scène lors d’un tour de parole », écrit François Cooren, directeur du Département de communication de l’Université de Montréal, dans cet essai plutôt académique qui cherche à poser un nouveau cadre d’analyse de nos interactions sociales et de nos dialogues. Avec l’abus de références qui vient avec le genre, il y est question de dislocation, de Foucault, de Derrida, de Searl, de Latour, de Shannon, de conversations extatiques, d’autorité, de pouvoir, mais aussi de socialisation et de communauté, dans un tout hermétique que l’auteur n’a sûrement pas écrit seul: d’autres voix ayant été convoquées pour cet exposé. Forcément.








