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Les critiques des collégiens - Le dernier des beatniks

4 mai 2013 | Mireille Binggeli | Livres
Depuis une décennie, les étudiants des collèges du Québec participent à l’aventure du Prix littéraire des collégiens. Cette année encore, ils se sont réunis à Québec, en marge du Salon du livre, pour choisir un grand gagnant. Comme nous l’avons déjà annoncé, La fiancée américaine d’Éric Dupont a été couronné. Cette semaine, nous publions les meilleurs textes des jeunes critiques soumis à ce prix. Ces textes ont été sélectionnés par Simon Roy, professeur au collège Lionel-Groulx, Bruno Lemieux, professeur au collège de Sherbrooke, et Jean-François Nadeau, directeur des pages culturelles du Devoir, à qui l’on doit par ailleurs les portraits de quelques-uns des membres du jury présents lors de la grande rencontre de délibération à Québec.

Mayonnaise

Éric Plamondon

Le Quartanier

Montréal, 2012, 214 pages



Cégep de Trois-Rivières — « Il y a deux types d’écrivains. Ceux qui ont du talent et ceux qui ont besoin d’une bonne psychanalyse. J’ai longtemps cru que j’avais du talent, jusqu’au jour où j’ai appris que ma mère n’avait jamais voulu d’enfant et que mon père n’était pas mon père. » Éric Plamondon remet en scène, dans le deuxième roman de sa trilogie 1984, Gabriel Rivages, un homme à l’identité trouble qui voue un véritable culte à Richard Brautigan, ce poète américain qui a marqué l’imaginaire des beatniks.


Par sa forme inhabituelle, Mayonnaise se veut un hommage au célèbre roman de Brautigan La pêche à la truite en Amérique.


De courts fragments sans lien apparent se succèdent à un rythme rapide. Plamondon maîtrise l’art de la chute et crée des associations qui sortent de l’ordinaire. Les banalités du quotidien se mêlent aux éléments encyclopédiques. Vous connaissez l’histoire de la machine à coudre ? Elle est liée au fusil inventé par Remington et à la machine à écrire sur laquelle Brautigan couchait ses écrits : « On est passé du chien de fusil à l’alphabet. L’industrie de la machine à écrire […] porte en elle le souvenir de la gâchette, sa genèse. Quand on appuie sur une touche, on tire une lettre. Ça fait Tchac ! »


Les relations entre les personnages, étranges et loufoques, poussent le lecteur à la limite du compréhensible. Il avance à l’aveugle, continuellement déstabilisé. Comme s’il cheminait dans un labyrinthe. Les thèmes, aussi profonds que la mort et le suicide, la maladie mentale et l’aliénation, incitent à s’interroger sur ce qui fait sens ou non.


Brautigan tenait à finir La pêche à la truite en Amérique avec le mot « mayonnaise ». Le titre du roman de Plamondon est un clin d’oeil à cet auteur fétiche et suggère, non sans ironie, qu’il n’y a pas de recette miracle à la mayonnaise, comme il n’y a pas de recette miracle au bonheur. Avec imagination et créativité, Plamondon mélange les images et les mots tel un grand chef et réussit à créer sa propre version de la « mayonnaise ».

 
 
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