Libre opinion - Québec-Haïti et les p’tits amis
Le Québec et Haïti sont les deux seuls États d’Amérique où le français est la langue officielle. Pour qu’on ne m’accuse pas de prendre des raccourcis, je spécifierai que les deux États sont bilingues ; en Haïti, le créole est prédominant et, au Québec, l’anglais est très présent. À cause de l’immigration, nos destins sont liés et, au fond, qui n’a pas un ami ou une connaissance qui vient de ce pays des Caraïbes? Ou sinon, qui n’a pas admiré les exploits de Jean Pascal ou fredonné l’une des chansons de Luck Mervil ? Par ailleurs, bon nombre d’Haïtiens occupent des postes-clés dans nos hôpitaux et dans toutes les autres sphères de la société !
Le ministère de la Culture du Québec et l’Association des éditeurs de livres ont décidé d’organiser une mission littéraire dans ce pays avec lequel nous avons des relations fraternelles. Vingt-deux écrivains québécois, des dizaines d’éditeurs et même l’honorable ministre Maka Kotto feront partie de la délégation. Mais il y aura un absent de taille. Eh oui, on n’a pas invité Stanley Péan, qui a pourtant une émission à Radio-Canada et qui a déjà plus d’une vingtaine de livres à son actif. Bien sûr, Dany Laferrière sera à l’avant-scène, mais oublier Péan, c’est comme si la LNH faisait une tournée en Russie avec Ievgueni Malkin comme tête d’affiche sans inviter Ovechkin.
Pourquoi ? La raison est simple. Le monde de l’édition fonctionne sous le signe du copinage. Il y a une quinzaine d’années, l’homme de lettres Robert Yergeau a eu le courage dans son essai héroïque intitulé À tout prix de dénoncer le copinage dans l’attribution des prix littéraires.
Le « British Council », qui a servi de modèle au Conseil des arts du Canada (CAC), a mis fin depuis belle lurette au système de jurys formés par les pairs, qui s’est avéré basé sur le favoritisme. Le CAC essaie de mettre sur pied un nouveau système égalitaire, mais l’establishment littéraire préfère un système partial qui les favorise plutôt qu’un système juste. Collusion, copinage et tutti quanti… Pourtant, il y a des gens de bonne volonté et qui ont du pouvoir comme Arash Mohtashami-Maali, directeur du CAC, qui veulent mettre fin à cette culture malsaine. En attendant que les choses changent, le 1er mai prochain, invitons Stanley Péan.







