Polanski, Lucas et les Coen
Trois nouveaux titres dans la collection « Les maîtres du cinéma ». Consacrés à Roman Polanski, à George Lucas et aux frères Coen, ces ouvrages jouissent d’une illustration abondante, mais de qualité inégale, celle-ci déployée au sein d’un graphisme guère stimulant. Le contenu critique, en revanche, reste valable et intéressant, quoique parfois chiche.
Fidèles à la formule établie, les trois livres privilégient une approche chronologique. C’est le cas de Roman Polanski, dans lequel David Ehrenstein subdivise beaucoup tout en passant à côté - étonnamment - du thème fédérateur de l’enfermement qui marque entre autres les fameux « films-appartements » du cinéaste (Repulsion, Rosemary’s Baby, Le locataire, Carnage, voire Cul-de-sac, What ? et Death and the Maiden).
Chantre d’un tout autre type de cinéma, mais figure non moins marquante du septième art, George Lucas voit sa vie et son oeuvre plus relatées qu’explorées dans le livre du même nom, travail de Karina Longworth. Dans ce cas-ci, on ne sent guère la passion de l’auteure pour son sujet, s’en remettant souvent davantage à l’anecdote qu’à l’analyse. Et lorsqu’elle se risque à la seconde, ses assertions laissent parfois perplexe. « Par sa morale didactique tout à fait consciente, Star Wars va à l’encontre du mode de pensée de nombreux films hollywoodiens », affirme-t-elle par exemple.
Avec Joel et Ethan Coen, on a un portrait exhaustif et, pour le compte, plus dense sur le plan de l’analyse signé par Ian Nathan. Un chapitre entier dévolu à Barton Fink, lauréat de la Palme d’or, et à The Hudsucker Proxy, une satire aussi brillante que mal aimée, est en cela représentatif de la qualité supérieure (toute relative s’entend) de ce troisième ouvrage.








