Jusqu’où va l’imaginaire dans une histoire d’amour?
Conspiration autour d’une chanson d’amour
Émilie Andrewes
XYZ éditeur, coll. « Romanichels »
Montréal, 2013, 144 pages
« Quelle est la place de l’imaginaire dans une histoire d’amour ? » C’est la question que pose en creux le quatrième roman d’Émilie Andrewes, Conspiration autour d’une chanson d’amour, oscillant entre poésie et fantasmagorie.
L’histoire d’amour flouée qu’elle raconte dans ce nouveau roman n’est que la pointe de l’iceberg. On croise dans ce récit bouillant d’imagination, drôle et tragique à la fois, une momie péruvienne, une mannequin devenue auteure de romans policiers, un designer sénile, des jumelles amérindiennes qui s’adorent mais s’insultent « dans des explosions de mots qu’on ne dit d’ordinaire qu’à soi-même », des aficionados de Marguerite Duras, un dramaturge déchu, un bibliothécaire qui rêve de vivre dans le désert de Jaïpur, la ville rose indienne, le célèbre groupe rock américain Aerosmith, un moine orthodoxe, le frère d’Emmanuelle noyé dans un lac givré, une tante victime d’un meurtre crapuleux et, bien sûr, Jack, puisque « tous les écrivains ont un personnage qui s’appelle Jack ».
Conspiration autour d’une chanson d’amour laisse un peu hagard, perdu. Comme si Émilie Andrewes avait voulu tout attraper sur son passage, comme le ferait une flaque de mercure. Son roman a quelque chose de fiévreux, comme si, à l’instar de son héroïne, la romancière « avait bu de l’hypocras comme d’Artagnan, ce vin de miel, de cannelle et de gingembre qui réveille les morts, comme le ferait un piment fort ».
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