Littérature - Au service des libraires
L’Association des libraires du Québec (ALQ) est cette année une finaliste au Grand Prix du Conseil des arts de Montréal. Survol des activités de l’ALQ avec sa directrice générale, Katherine Fafard.
Fondée en 1969, l’ALQ compte présentement 118 membres, dont une dizaine sont des librairies francophones hors Québec. Toutes ces librairies sont indépendantes. « En 2003, nous avons modifié notre règlement, de sorte que tous nos membres doivent être des librairies responsables de leurs achats, souligne Katherine Fafard. Si elles font partie d’un groupe ou si elles sont la propriété d’un seul individu, les achats doivent être décentralisés. »
Il ne faut pas non plus confondre l’ALQ avec le regroupement des Librairies indépendantes du Québec (LIQ). « Il s’agit d’une association soeur, car les membres des LIQ sont aussi membres de l’ALQ. La différence est dans la mission. Les LIQ ont une mission essentiellement commerciale, celle de faire la promotion et la vente des livres. Elles soutiennent les libraires dans leurs efforts de commercialisation et elles ont mis en place un portail de vente. La mission de l’ALQ est de soutenir la formation des libraires et de représenter le métier auprès des instances décisionnelles et des acteurs de la société. »
Puisqu’il n’existe pas de formation initiale pour le métier de libraire, l’ALQ a mis en place, au fil des ans, plusieurs formations à l’intention des libraires, que ces derniers soient propriétaires ou commis de librairie. Ces formations sont élaborées par une agente de développement professionnel à l’emploi de l’ALQ et répondent aux demandes et préoccupations des libraires. « Par exemple, une de nos dernières formations portait sur le livre et les liseuses numériques. C’est parce que de nombreux clients, curieux à propos du phénomène, avaient le réflexe de s’informer auprès de nos libraires. »
Prix unique
Parmi les revendications portées par l’ALQ, il y a celle en faveur du prix unique du livre. « Il y a un consensus chez nos membres et même chez les autres acteurs dans le domaine du livre. Il y a trop de clients qui se tournent vers les chaînes de vente au détail pour acheter les best-sellers, ce qui prive ainsi les librairies indépendantes de revenus essentiels à leur bon fonctionnement. Il faut comprendre que la marge bénéficiaire des libraires indépendants est très mince, soit 0,84 %. Ils ne peuvent pas se permettre de perdre des revenus. »
Quant à l’argument selon lequel le prix unique fait du consommateur un perdant, elle rétorque qu’il s’agit d’un argument de premier niveau. « Il y a 35 000 nouveautés qui paraissent au Québec chaque année et seulement environ 300 se retrouvent dans des magasins comme Walmart, tous des best-sellers. Si on affaiblit les librairies indépendantes, c’est la bibliodiversité qui va en souffrir. Et, dans ce cas, le consommateur ne sera pas gagnant. »
Activités-phares
Parmi les activités-phares de l’ALQ, le Prix des libraires du Québec est sans doute la plus connue. Créé en 1994, cette récompense se décline en plusieurs formats. Il y a d’abord les Prix adulte, qui ont deux catégories, les romans québécois et les romans hors Québec, y compris les traductions en français. S’ajoutent à ceux-ci les Prix jeunesse, qui se déclinent selon la catégorie d’âge, soit de 0 à 4 ans, de 5 à 11 ans et de 12 à 17 ans. Pour souligner les 20 ans des Prix des libraires du Québec, un nouveau Prix d’excellence sera remis à un libraire.
«Selon ce que les auteurs et les éditeurs nous disent, après les Prix du gouverneur général, ce sont les Prix des libraires du Québec qui sont les plus appréciés. C’est parce que les Prix des libraires ont un impact direct sur les ventes d’un livre, pouvant rajouter jusqu’à 3000 exemplaires supplémentaires de vendus. Et, comme le livre est sorti en librairie l’année d’avant, cela lui donne une seconde vie. »
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