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    Grande bibliothèque - «Être ou ne poète»: Gérald Godin s’expose

    15 décembre 2012 |Catherine Lalonde | Livres
    Gérald Godin à la fameuse Nuit de la poésie de mars 1970.
    Photo: Daniel Kieffer Collections BAnQ Gérald Godin à la fameuse Nuit de la poésie de mars 1970.

    Le député poète

    À la Grande Bibliothèque jusqu’au 13 novembre 2013.

     

     

    « Être ou ne poète » : sous ce calembour clin d’œil à Hamlet, noté par Gérald Godin quelques semaines avant sa deuxième opération au cerveau, se décline à la Grande Bibliothèque une exposition sur la très grande place qu’a tenue la poésie dans la vie du journaliste, ministre, écrivain, amoureux de la chanteuse Pauline Julien et deux fois trépané pour cause de tumeur au cerveau. T’en souviens-tu, Godin, du temps que t’étais poète?
     

    L’exposition se déploie en deux temps. Sur huit panneaux, le portrait du poète et de l’homme de lettres, esquissé par un autre poète et essayiste, André Gervais. 
     

    « Je pense que j’ai bien connu Gérald Godin », a indiqué le spécialiste en entrevue au Devoir, narrant la première fois où il a sonné à la porte de Godin, carré Saint-Louis, pour se faire répondre par une Pauline Julien en bigoudis. « J’ai édité six de ses livres » depuis 1991, rassemblant les textes pour les éditions de l’Hexagone. Vient d’ailleurs d’être réédité à cette maison Cantouques & cie, un entretien de Godin avec André Gervais sur Les cantouques, suite de 34 poèmes en joual publiés d’abord en 1967, accompagné des textes de cette famille formelle.
     

    « La vie de Godin est partagée en deux, rappelle M. Gervais. Il y a eu sa vie de journaliste, jusqu’en 1976. Ensuite, ç’a été sa vie de politicien, de son élection en 1976 jusqu’à son décès en 1994. Mais tout le temps, il a été écrivain, surtout poète. On s’est entendu avec les gens de la Grande Bibliothèque pour ne travailler que son côté poète, qui a été finalement la base continue de sa vie, depuis son premier recueil, en 1960. »

     

    Le député poète


    La poésie de Godin serait mieux reconnue maintenant, selon André Gervais, qu’à la publication des neuf livres qui constituent son œuvre. L’expo s’ouvre d’ailleurs sur une note personnelle de Godin. « Tout le monde, critiques et amis écrivains, a trouvé à redire à mes poèmes en joual. “ Ce n’est pas de la poésie et puis ces mots sont si vulgaires ! Où est la création là-dedans ” […] Il m’a fallu faire le détour en politique pour qu’on me reconnaisse comme écrivain, quelle humiliation ! »
     

    Pour André Gervais, « depuis une dizaine d’années, on redécouvre l’importance de ses poèmes, remarquables, par leur vocabulaire populaire et par leur système énonciatif aussi. La façon de varier les points de vue, les pronoms, les temps grammaticaux, de découper les vers, de faire des antépositions comme en poésie rimée et comptée, de cacher des alexandrins ou des décasyllabes ici et là… ces choses de sa poésie, qui est à la fois semblable à ce qui se faisait au Moyen Âge ou à la Renaissance, mais tout à fait articulé au langage populaire des Québécois de son époque ».
     

    Pour le second volet de l’expo, place à l’ouïe. Un dispositif permet de se baigner des voix de D. Kimm et du slameur Ivy récitant Godin sur fond musical, alors que sous les yeux se déploient des photos des étudiants du cégep André-Laurendeau. On aurait aimé un ou deux poèmes sans musique, pour laisser toute la place au simple dire, mais l’idée permet déjà de goûter l’oralité. En trouvailles, trois entrevues de Godin tirées des Archives nationales, comme de petits bijoux d’histoire.

     
     
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